Le surendettement repart à la hausse : la Banque de France tire la sonnette d’alarme
Le surendettement repart à la hausse : la Banque de France tire la sonnette d’alarme

Après une décennie de recul, la tendance s’inverse. Le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès de la Banque de France a bondi de près de 11 % en 2024. L’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB), qui publie ce vendredi 27 juin son rapport annuel, attribue cette recrudescence à l’impact prolongé de l’inflation sur les ménages les plus fragiles. Entre 2022 et 2023, la flambée des prix – notamment sur l’alimentation et l’énergie – a étranglé des milliers de foyers modestes, réduisant leur capacité à rembourser les crédits en cours. Certains ont même été contraints de souscrire de nouveaux emprunts pour couvrir les dépenses du quotidien. Résultat : 134 803 dossiers ont été déposés l’an dernier, contre un peu plus de 121 000 en 2023. Une hausse préoccupante, d’autant plus qu’elle s’inscrit dans une dynamique ascendante entamée il y a deux ans. Un paradoxe persiste toutefois. Sur les dix dernières années, le nombre total de personnes surendettées a chuté de 44 %. Cette baisse structurelle tient aux politiques de prévention, à un meilleur accompagnement des emprunteurs, mais aussi à la dématérialisation croissante des paiements qui rend plus difficile l’accumulation de dettes invisibles. 

Un encadrement trop tardif

La Banque de France se félicite notamment d’avoir repéré précocement un nombre croissant de profils à risque : 4,6 millions de clients en difficulté sont désormais identifiés, deux fois plus qu’il y a dix ans. Mais ce progrès dans la détection ne suffit pas à rassurer. L’institution s’inquiète aujourd’hui de deux tendances lourdes : la généralisation du paiement fractionné et le développement des microcrédits, souvent souscrits en ligne en quelques clics. Des pratiques qui facilitent un endettement insidieux, surtout chez les jeunes et les consommateurs précaires. Or, leur encadrement ne sera effectif qu’à partir de novembre 2026, date à laquelle la directive européenne correspondante entrera pleinement en vigueur. D’ici là, l’OIB appelle à la vigilance. Car si les chiffres globaux sur dix ans sont encourageants, la situation de nombreux ménages reste tendue, et les signaux faibles d’une nouvelle vague de surendettement commencent à s’accumuler.

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