Le Fonds monétaire international a appelé les pays de l’Union européenne à intensifier leurs efforts en matière de financement commun, notamment par le biais d’emprunts conjoints, afin de soutenir les biens publics du bloc comme la défense, la transition énergétique et les infrastructures critiques.
Selon Alfred Kammer, directeur du département européen du FMI, les dépenses de l’UE pour les biens publics devraient être portées à 0,9 % du revenu national brut, soit environ le double du niveau actuel. Il a souligné que cette augmentation permettrait non seulement de répondre aux besoins communs du continent, mais aussi de générer des économies d’échelle substantielles.
Le FMI estime que les projets conjoints à l’échelle de l’Union, en particulier dans les domaines de la défense, de la cybersécurité et de l’énergie verte, pourraient réduire les coûts pour chaque État membre tout en renforçant la cohésion économique et politique du bloc. Toutefois, ces propositions se heurtent à l’opposition de plusieurs pays du Nord, notamment l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède, qui demeurent sceptiques face à une mutualisation accrue de la dette européenne.
Ces réticences rappellent les débats intenses qui avaient précédé la mise en place du fonds de relance post-Covid de 750 milliards d’euros, financé pour la première fois par de la dette commune. Le FMI suggère que cette approche innovante, bien que ponctuelle à l’origine, pourrait devenir un modèle pour financer d’autres priorités stratégiques européennes.
Le débat devrait s’intensifier à l’approche des discussions budgétaires au sein de l’UE, alors que les Vingt-Sept sont confrontés à des défis géopolitiques croissants et à une pression accrue pour moderniser leurs économies tout en respectant les règles de discipline budgétaire.