La Banque d’Angleterre prête à desserrer l’étau monétaire face au coup de frein économique (AP)
La Banque d’Angleterre prête à desserrer l’étau monétaire face au coup de frein économique (AP)

La Banque d’Angleterre devrait annoncer jeudi une baisse de son taux directeur, profitant d’un net ralentissement de l’inflation et de signes d’essoufflement de l’économie britannique. Les marchés anticipent une réduction de 25 points de base, qui ramènerait le taux d’intérêt de 4 % à 3,75 %, marquant un tournant après une longue période de politique monétaire restrictive.

Une telle décision serait rendue possible par la chute plus marquée que prévu de l’inflation en novembre, tombée à 3,2 %. Ce recul offre à la banque centrale une marge de manœuvre accrue, alors que la croissance économique s’affaiblit et que le marché du travail montre des signes de tension, avec un taux de chômage à son plus haut niveau depuis 2021.

Les investisseurs voient dans cette baisse la quatrième depuis le début du cycle d’assouplissement monétaire. Elle constituerait un soulagement pour le gouvernement britannique, en particulier pour la ministre des Finances Rachel Reeves et le Premier ministre Keir Starmer, confrontés à des difficultés pour relancer une économie atone et tenir leurs promesses de croissance plus soutenue.

Toutefois, les perspectives d’un assouplissement prolongé restent limitées. Si les marchés misent sur une ou deux baisses supplémentaires en 2026, de nombreux analystes estiment que la Banque d’Angleterre restera prudente. Les pressions sur les prix, bien qu’en recul, demeurent plus fortes au Royaume-Uni que dans les autres grandes économies du G7.

Même après une baisse à 3,75 %, le taux directeur resterait élevé en comparaison historique, malgré un retour à son plus bas niveau depuis près de trois ans. La banque centrale cherche à trouver un équilibre délicat entre le soutien à l’activité économique et la lutte contre une inflation qui, bien qu’en repli, reste supérieure à l’objectif de 2 %.

Dans ce contexte, la décision attendue jeudi devrait surtout être perçue comme un ajustement mesuré plutôt qu’un changement de cap radical. La Banque d’Angleterre semble déterminée à avancer avec prudence, consciente que tout relâchement excessif pourrait raviver les tensions inflationnistes dans une économie encore fragile.

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