Le directeur général de Nvidia, Jensen Huang, a salué ce mercredi la décision du président américain Donald Trump de revenir sur certaines restrictions à l’exportation de technologies d’intelligence artificielle vers la Chine, dénonçant un système antérieur inefficace qui aurait coûté des milliards aux entreprises américaines. Selon lui, l’approche précédente, mise en œuvre sous l’administration Biden, reposait sur des hypothèses « fondamentalement erronées » et s’est révélée être un « échec ».
S’exprimant lors d’une conférence de presse en marge du salon technologique Computex à Taipei, Huang a fustigé la stratégie de découpage du monde en trois zones d’exportation, qui interdisait quasiment toute vente de puces IA avancées à la Chine. Résultat : la part de marché de Nvidia dans ce pays est passée de 95 % à 50 % en l’espace de quelques années, selon le dirigeant, tandis que les chercheurs chinois en IA ont été contraints de se tourner vers des fournisseurs locaux comme Huawei.
Jensen Huang a estimé que la concurrence en Chine est désormais « intense » et que les acteurs locaux préféreraient que Nvidia ne revienne jamais sur ce marché. Pourtant, le potentiel est immense : le marché chinois de l’intelligence artificielle pourrait représenter environ 50 milliards de dollars dès l’année prochaine, selon lui.
Le PDG de Nvidia a également annoncé que la société travaillait sur une version adaptée de sa puce IA Blackwell, conçue pour se conformer aux nouvelles règles sur la mémoire avancée, après que sa puce H2O ait été lourdement affectée par les restrictions. Nvidia avait dû enregistrer une charge de 5,5 milliards de dollars en lien avec ces mesures, tandis que les pertes de revenus globales liées au modèle H2O pourraient s’élever à 15 milliards de dollars.
L’administration Trump envisage de remplacer le système de restrictions à plusieurs niveaux par un régime de licences global, négocié directement entre gouvernements. Cette approche, jugée plus pragmatique par les milieux d’affaires, pourrait renforcer la position américaine dans les futures négociations commerciales.
En toile de fond, la Chine continue de dénoncer les mesures américaines jugées « discriminatoires » et a promis des représailles si Washington persiste à freiner l’essor technologique chinois. Le ministère chinois du Commerce a récemment accusé les États-Unis de compromettre les accords bilatéraux et a exhorté à un « rétablissement immédiat » d’une politique commerciale plus équitable.