Explosion de la criminalité au Chili : un fléau économique à 8 milliards de dollars par an
Explosion de la criminalité au Chili : un fléau économique à 8 milliards de dollars par an

Alors que la criminalité continue de s’aggraver au Chili, ses conséquences ne se limitent plus à la sécurité publique : l’économie nationale en paie désormais un lourd tribut. Une étude du centre de recherche CLAPES UC, affilié à l’Université catholique du Chili, révèle que le pays perd chaque année environ 2,6 % de son produit intérieur brut – soit 8,2 milliards de dollars – à cause des effets économiques de l’insécurité.

Dans les rues de Santiago, les signes de ce déclin sont visibles. Le célèbre bar La Piojera, un établissement emblématique du centre-ville, voit ses ventes s’effondrer. « Mes ventes ont baissé de 60 % », confie son directeur Mauricio Gajardo. Autrefois bondé jusqu’à tard dans la nuit, le bar ferme désormais ses portes aux alentours de 20h30. L’affluence a chuté, malgré quelques mesures de sécurité apportées par la municipalité. « Les gens insistent toujours sur le fait que la zone est dangereuse », déplore-t-il.

De nombreux commerces adoptent des stratégies de survie : fermetures précoces, renforcement de la sécurité, ou encore promotions nocturnes pour attirer la clientèle malgré la peur ambiante. Cristian Gonzalez, directeur du bar & Vuelvo, explique : « Après 22 h, nous constatons une baisse significative de notre activité. Nous nous préparons donc à faire face à cette situation en proposant des réductions ou des offres spéciales après 23 h. »

Le rapport du CLAPES UC souligne que l’effet économique de la criminalité au Chili est plus sévère que dans des pays pourtant plus violents comme la Colombie ou le Mexique. Selon le professeur Leonardo Hernandez, coauteur de l’étude, « l’impact d’une hausse des homicides est plus fort dans les pays historiquement plus sûrs, car les populations et les économies ne s’y sont pas ‘habituées’. »

Entre investissements freinés, dépenses de sécurité en hausse et fuite des clients, l’économie chilienne souffre d’un climat d’insécurité qu’elle n’a pas connu depuis des décennies. Si les taux d’homicide restent parmi les plus bas de la région, leur progression rapide alimente l’anxiété collective et pèse lourdement sur la dynamique de croissance du pays.

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