Les vapoteurs devront bientôt mettre la main un peu plus à la poche. Le projet de loi de finances pour 2026, présenté hier mardi en Conseil des ministres par le Premier ministre Sébastien Lecornu, prévoit l’instauration d’une taxe spécifique sur les e-liquides utilisés dans les cigarettes électroniques. Le montant pourrait atteindre jusqu’à 50 centimes par flacon de 10 millilitres.
Une taxation progressive selon le taux de nicotine
Cette mesure, consultée par l’Agence France-Presse, fixe deux niveaux de taxation : 30 centimes d’euro pour les liquides contenant moins de 15 mg de nicotine, et 50 centimes pour ceux au-dessus de ce seuil. Les produits concernés sont les flacons de 10 ml, format le plus courant dans le commerce, vendus aujourd’hui entre 5 et 7 euros selon les marques et les concentrations. Si la mesure est adoptée, elle entrerait en vigueur au second semestre 2026. L’objectif du gouvernement est double : d’une part, aligner la fiscalité des produits de vapotage sur celle des autres formes de consommation de nicotine ; d’autre part, contribuer au financement des politiques de santé publique. En parallèle, une légère hausse de la taxation sur le tabac à chauffer est également prévue, afin d’éviter tout effet de substitution entre les différents produits.
Une première étape avant un durcissement européen
Cette taxe nationale intervient alors que la Commission européenne prépare, pour 2028, une réforme beaucoup plus lourde de la fiscalité sur les produits de vapotage. Bruxelles envisage un prélèvement compris entre 1,20 et 3,60 euros par flacon de 10 ml, soit jusqu’à sept fois plus que ce que prévoit aujourd’hui le projet français. Pour les professionnels du secteur, cette fiscalité progressive pourrait fragiliser un marché déjà sous tension, alors que la cigarette électronique s’est imposée comme un outil majeur de sevrage tabagique. De son côté, le gouvernement assume une approche de « responsabilisation » fiscale, visant à mieux encadrer un produit dont l’usage explose chez les jeunes. Si elle est validée par le Parlement, la mesure ferait du vapotage un produit officiellement soumis à accise, au même titre que le tabac, marquant ainsi une nouvelle étape dans la régulation du marché de la nicotine en France.