Plusieurs lieux juifs attaqués : suspects étrangers et soupçons d’ingérence 
Plusieurs lieux juifs attaqués : suspects étrangers et soupçons d’ingérence 

Les faits rappellent un précédent glaçant. Dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs lieux juifs à Paris — le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant — ont été aspergés de peinture verte. Lundi 2 juin, trois ressortissants étrangers ont été interpellés alors qu’ils tentaient de quitter le territoire. Aucun message, aucun slogan. Comme en mai 2024, lors des tags aux “mains rouges” sur le mur des Justes : même silence, mêmes images captées par les caméras de surveillance, même tension souterraine. La justice a ouvert une enquête pour “dégradations commises en raison de la religion”, confiée à la Sûreté territoriale. Selon une source proche de l’enquête citée par l’AFP, la piste d’une opération de déstabilisation étrangère est activement étudiée. Et les ressemblances avec les précédentes actions attribuées à des groupes manipulés depuis l’étranger, notamment russophones, sont trop frappantes pour être écartées.

Des caméras efficaces

Les vidéos de surveillance ont filmé plusieurs individus cagoulés, vêtus de noir, en train d’asperger les murs. Sur les images : un tagueur et un vidéaste. À chaque lieu, une même méthode. Les enquêteurs ont retrouvé un pot de peinture verte entamé près d’un restaurant et d’une synagogue dans le 20e arrondissement. Un an plus tôt, des Bulgares avaient été mis en examen pour les fameuses « mains rouges », perçues comme une référence au lynchage de soldats israéliens à Ramallah en 2000, et qualifiées d’opération d’ingérence. Ces actions anonymes, parfois réalisées pour quelques dizaines d’euros par des exécutants recrutés à distance, visaient selon les services de renseignement à attiser les fractures sociales en France, notamment sur fond de tensions géopolitiques et de conflit israélo-palestinien.

Une condamnation quasiment universelle

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, la maire de Paris Anne Hidalgo, mais aussi la quasi-totalité du spectre politique ont condamné ces dégradations. L’ambassade d’Israël en France a dénoncé une « attaque antisémite coordonnée », en soulignant les tensions diplomatiques récentes autour de Gaza. Le président israélien Isaac Herzog s’est déclaré « consterné ». Pour les autorités françaises, les dégradations ne sont ni accidentelles ni isolées : elles pourraient s’inscrire dans une stratégie de déstabilisation à bas bruit, réactivée en pleine année olympique. Avec en ligne de mire, la volonté de diviser la société française, semer la confusion et frapper là où ça fait mal : la mémoire, les symboles, et le vivre-ensemble.

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