Par Jérôme Goulon.
Vendredi dernier, Dahbia Benkired a été la première femme dans l’histoire française condamnée à la réclusion criminelle à la perpétuité réelle, pour le meurtre de la petite Lola. Cette perpétuité, assortie d’une période de sûreté « incompressible » est la peine la plus lourde du droit pénal français. Elle ne permet pas d’aménagement de peine tant que la période de sûreté « incompressible » n’a pas été levée par un tribunal. Elle reste toutefois rarissime et strictement encadrée (meurtre avec viol/torture sur mineur, assassinats terroristes, meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique…)
Bien que Dahbia Benkired soit la première femme à recevoir cette sanction, d’autres criminels ont déjà été condamnés à cette peine. Découvrez leurs noms…
Dahbia Benkired : meurtre, viol et actes de torture sur une mineure
Dahbia Benkired a été condamnée le 24 octobre dernier à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour le viol, la torture et le meurtre de Lola Daviet, une fillette de 12 ans, tuée le 14 octobre 2022 dans le XIXᵉ arrondissement de Paris. Elle devient ainsi la première femme en France à recevoir cette peine maximale La cour a estimé que Dahbia Benkired était pleinement responsable de ses actes, aucune pathologie psychiatrique n’ayant été retenue pour atténuer sa culpabilité. Les experts ont souligné une dangerosité criminologique particulièrement élevée.
Ce crime d’une extrême violence a profondément bouleversé l’opinion publique et suscité la polémique, la meurtrière se trouvant en situation irrégulière au moment des faits.
Michaël Chiolo : tentative d’assassinats terroristes
Michaël Chiolo a été condamné le 7 juillet 2025 à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour l’attaque jihadiste qu’il a menée le 5 mars 2019 au centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe, où deux surveillants ont été grièvement blessés et sa compagne tuée lors de l’assaut du RAID. Ancien néonazi converti à l’islam radical en prison, Chiolo a revendiqué son acte et refusé de montrer le moindre remords. La cour a souligné sa dangerosité élevée et son engagement terroriste, le plaçant parmi les rares condamnés à perpétuité incompressible pour des faits liés au terrorisme en France.
Brahim Aouissaoui : assassinats terroristes (attentat de la basilique/Notre-Dame-de-Nice)
Brahim Aouissaoui a été condamné le 26 février 2025 à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour l’attentat terroriste perpétré le 29 octobre 2020 à la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice. Cet acte a coûté la vie à trois personnes et blessé une autre.
Âgé de 25 ans et arrivé clandestinement en France deux jours avant l’attaque, Aouissaoui a agi seul, motivé par une idéologie djihadiste. Il a revendiqué son acte en réponse à la publication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo, sans exprimer de remords. La cour a souligné la « violence absolue » de ses actes et son absence de volonté de réinsertion, justifiant ainsi la peine maximale du droit pénal français.
Salah Abdeslam : assassinats terroristes (Attentats du 13-novembre)
Salah Abdeslam, l’un des auteurs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible par la cour d’assises spéciale de Paris en mai 2022. Les attentats avaient fait 130 morts et plus de 400 blessés. Il est le seul membre du commando encore vivant et a été reconnu coupable de crimes terroristes, assassinats et tentatives d’assassinats en lien avec une entreprise terroriste.
Oussama Atar : organisateur d’attentats terroristes
Oussama Atar, également connu sous le nom de « Abou Ahmed al-Iraki », a été condamné par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour son rôle de coordinateur des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles. Bien qu’il soit présumé mort depuis un bombardement en Syrie en novembre 2017, la justice française a maintenu sa condamnation en raison de son implication directe dans ces attaques terroristes.
Fabien « Omar » Clain et Jean-Michel Clain : condamnations par contumace (attentats du 13-novembre)
Fabien Clain et Jean-Michel Clain, impliqués dans les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, ont été condamnés par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible. Fabien Clain était reconnu comme la voix des revendications de l’État islamique lors des attaques, tandis que Jean-Michel Clain avait un rôle logistique et de soutien au sein du commando. Ces condamnations reflètent leur responsabilité directe dans les attentats, bien qu’ils aient été jugés en leur absence, Fabien Clain étant décédé en 2019 et Jean-Michel Clain restant porté disparu.
Yannick Luende Bothelo : viol et meurtre sur mineure (affaire Marion)
Yannick Luende Bothelo a été condamné le 17 novembre 2016 par la cour d’assises de Loire-Atlantique à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la peine la plus sévère prévue par le code pénal français. Il était reconnu coupable du meurtre et du viol de Marion Rousset, une adolescente de 14 ans, retrouvée morte le 19 mars 2012 dans des toilettes publiques à Bouguenais, près de Nantes. L’accusé avait été interpellé le jour même, en possession du téléphone portable de la victime, après avoir agressé deux hommes âgés. Lors de son procès, il avait affirmé avoir entendu des voix avant le crime et s’être présenté comme le « Messie ». Bien que des experts psychiatres aient diagnostiqué chez lui une « schizophrénie paranoïde », la cour a estimé qu’il était responsable de ses actes et a prononcé la peine maximale sans possibilité de réduction de peine.
Nicolas Blondiau : viol et meurtre sur mineure (affaire « Océane »)
Nicolas Blondiau a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour le viol et le meurtre d’Océane Laforge, une fillette de 8 ans, survenus en novembre 2011 à Bellegarde, dans le Gard. En première instance, la cour d’assises du Gard l’a reconnu coupable, et la cour d’assises du Vaucluse a confirmé cette condamnation en appel en janvier 2015. Blondiau est ainsi devenu le troisième individu en France à recevoir cette peine, après Michel Fourniret et Pierre Bodein. Il n’a pas formé de pourvoi en cassation, rendant sa condamnation définitive.
Michel Fourniret : viols et meurtres sur mineures (tueur en série)
Michel Fourniret, surnommé le « monstre des Ardennes », a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour l’enlèvement, le viol et le meurtre de plusieurs jeunes filles et femmes entre les années 1980 et 2003. Ses condamnations, prononcées par les cours d’assises françaises, reflètent la gravité exceptionnelle de ses crimes et sa dangerosité. Fourniret est reconnu comme l’un des plus célèbres tueurs en série français, et sa peine maximale a été confirmée à plusieurs reprises en appel. Il est décédé le 10 mai 2021.
Pierre Bodein : viols et meurtres sur mineures (surnommé « Pierrot le fou »)
Pierre Bodein, surnommé « Pierrot le Fou », a été condamné en 2007 à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour trois meurtres particulièrement violents, dont celui d’une fillette de 10 ans. Cette peine, la plus sévère du code pénal français, est assortie d’une période de sûreté illimitée, empêchant tout aménagement de peine.
En 2014, la Cour européenne des droits de l’homme a validé cette condamnation, estimant qu’elle ne violait pas les droits de l’homme, notamment l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme interdisant les traitements inhumains ou dégradants. La CEDH a souligné que le droit français prévoyait un réexamen judiciaire de la situation des personnes condamnées à perpétuité, permettant une éventuelle révision de leur peine après une période de 30 ans d’incarcération. Pierre Bodein est actuellement incarcéré et purge sa peine en détention. Âgé aujourd’hui de 77 ans, il purge toujours sa peine.