Il avait l’autorité, la confiance, l’uniforme du coach. Il en a fait une arme. Jérémy Huck, ancien entraîneur de basket, a été condamné en appel à 14 ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles sur mineures. La cour d’assises du Haut-Rhin a confirmé, mercredi 15 mai à Colmar, la peine prononcée en première instance en juillet 2024. Âgé de 35 ans, l’homme comparaissait libre. Il a été incarcéré immédiatement après l’énoncé du verdict. Son avocat, Me Antoine Noblet, avait plaidé pour une requalification des faits en atteintes sexuelles, contestant la notion de contrainte. « C’est un verdict difficile », a-t-il déclaré à l’AFP. Un pourvoi en cassation est envisagé.
Quatre adolescentes, deux clubs, un système
Les faits remontent à plusieurs années. Trois jeunes filles âgées de 13 et 14 ans à l’époque jouaient dans un club de Duttlenheim, dans le Bas-Rhin, où Jérémy Huck officiait comme entraîneur. Une quatrième victime, du même âge, était licenciée à Bergerac, en Dordogne, dans un autre club où il a également exercé. L’une d’elles, entendue au cours de l’instruction, a évoqué un « consentement » — une notion juridiquement caduque à cet âge et dans ce contexte. Les actes reprochés s’étaient étalés sur plusieurs mois. La cour a retenu les faits de viols, agressions sexuelles et atteinte sexuelle sur mineure. Les victimes, toutes très jeunes, avaient en commun leur vulnérabilité et la confiance accordée à un adulte en position d’autorité.
De l’encadrement sportif à la détention
Après une première condamnation en 2024, Jérémy Huck avait été incarcéré, puis relâché sous contrôle judiciaire deux mois plus tard. Durant la période qui a suivi, il avait trouvé un emploi dans la grande distribution et continué à vivre librement, père d’un jeune enfant. La confirmation de sa peine en appel sonne comme un point final judiciaire, mais laisse derrière elle des adolescentes marquées à vie. Pour la justice, cette affaire rappelle que l’encadrement sportif n’est pas une zone grise : la confiance ne protège pas, elle oblige.