Attentat de la rue des Rosiers: un suspect extradé vers la France, 43 ans après
Attentat de la rue des Rosiers: un suspect extradé vers la France, 43 ans après

Cette fois, ce n’est pas une promesse de plus dans un dossier à tiroirs. L’Autorité palestinienne a extradé vers la France Hicham Harb, Palestinien soupçonné d’avoir supervisé l’attentat de la rue des Rosiers à Paris en 1982, selon son avocat Ammar Dweik. « La famille de Hicham Harb m’a contacté aujourd’hui pour m’informer d’avoir été notifiée par l’Autorité palestinienne de son extradition vers la France », a-t-il affirmé, précisant que le transfert a eu lieu jeudi.

Retour à l’été 1982. Le 9 août, une attaque à la grenade puis à l’arme automatique vise le restaurant Jo Goldenberg, dans le Marais. Six morts, 22 blessés, un choc qui a marqué Paris et au-delà. L’attentat a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’OLP. Hicham Harb figure, lui, parmi plusieurs suspects recherchés depuis des années par la justice française, preuve que certaines affaires ne vieillissent pas, elles s’enkystent.

Un dossier qui refuse de se refermer

Un dossier qui refuse de se refermer Depuis quelques mois, la machine judiciaire s’est remise à tourner plus vite. En février, la Cour de cassation a validé la perspective d’un procès, malgré les contestations de deux accusés: Abou Zayed, Norvégien d’origine palestinienne présenté comme l’un des tireurs, détenu en France depuis 2020, et Hazza Taha, né en Cisjordanie, soupçonné d’avoir dissimulé des armes, placé sous contrôle judiciaire. L’arrestation d’Hicham Harb, annoncée par les autorités palestiniennes en septembre 2025, s’inscrivait déjà dans cette accélération.

Reste le décor politique, jamais très loin quand il s’agit d’extraditions sensibles. Fin 2025, Mahmoud Abbas liait l’idée d’un transfert à la reconnaissance par la France d’un Etat palestinien, parlant d’« un cadre approprié pour cette demande française » dans un entretien au Figaro. Hicham Harb est aussi visé par un mandat d’arrêt allemand de 1988 pour l’enquête sur l’attentat de l’aéroport de Francfort en 1985, et son nom apparaît dans d’autres investigations européennes, selon des sources judiciaires. En France, l’arrivée d’un suspect de plus ravive une attente simple, presque têtue: celle de voir, enfin, la justice aller au bout, malgré le temps et les frontières.

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