La plateforme française de streaming devient la première au monde à apposer une mention explicite sur les morceaux créés sans intervention humaine, alors que ces contenus affluent par milliers chaque jour
Une première mondiale face à l’afflux de titres automatisés
« Contenu généré par IA » : c’est la nouvelle mention que pourront lire les utilisateurs de Deezer sur certains albums mis en ligne. L’annonce a été faite le 20 juin par le directeur général de la plateforme, Alexis Lanternier, auprès de l’AFP. L’initiative vise à marquer une ligne claire face à l’explosion des productions musicales entièrement issues de logiciels d’intelligence artificielle.
Selon Deezer, plus de 20 000 titres créés sans intervention humaine sont ajoutés quotidiennement à son catalogue, ce qui représenterait aujourd’hui environ 18 % de tous les contenus nouvellement mis en ligne. Pour parvenir à cette identification, la plateforme a développé en interne un système de détection spécifique, capable d’isoler des marqueurs audio caractéristiques des créations IA, invisibles à l’oreille mais détectables dans le signal numérique. L’outil, annoncé comme fiable à 98 %, permet de repérer des « petits bruits propres » à ces compositions automatisées.
Transparence et protection des artistes en ligne de mire
Deezer ne retire pas ces contenus de sa bibliothèque, mais choisit en revanche de ne plus les inclure dans les calculs de royalties. Objectif : éviter qu’ils ne viennent diluer les revenus versés aux créateurs humains. « Ce dont Deezer veut s’assurer, c’est qu’on ne prend pas les droits d’auteur qui doivent aller aux artistes », a souligné Alexis Lanternier.
En janvier dernier, la plateforme avait déjà signé un accord avec la Sacem pour améliorer la rémunération des auteurs-compositeurs. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte où la pression monte sur les acteurs du streaming, sommés de trouver un équilibre entre innovation technologique et soutien à la création artistique.
Avec ses 9,7 millions d’abonnés, majoritairement en France, Deezer reste loin derrière Spotify, leader mondial, qui revendique 268 millions d’abonnés premium. Interrogé par l’AFP sur une possible hausse de tarifs à venir, Alexis Lanternier n’a pas écarté cette hypothèse : « Ce n’est pas prévu dans les mois qui viennent, mais c’est quelque chose qui arrivera forcément. »