LONDRES — Bill Gates a annoncé jeudi son intention de verser 200 milliards de dollars aux causes humanitaires d’ici 2045, via la fondation qu’il a cofondée avec son ex-épouse Melinda, tout en accusant Elon Musk de mettre en péril la vie des enfants les plus pauvres du monde par sa gestion des coupes dans l’aide étrangère américaine.
Le cofondateur de Microsoft, aujourd’hui âgé de 69 ans, a déclaré qu’il accélérait la cadence de ses dons, avec pour objectif de clore la Fondation Bill & Melinda Gates le 31 décembre 2045, bien plus tôt que prévu initialement. Il affirme vouloir s’attaquer à des fléaux majeurs tels que la polio, le paludisme, la mortalité infantile évitable et la pauvreté mondiale.
Dans une interview au Financial Times, Gates n’a pas mâché ses mots : « L’image de l’homme le plus riche du monde tuant les enfants les plus pauvres du monde n’est pas reluisante. » Il faisait référence à Elon Musk, actuel responsable du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) de l’administration Trump, qui supervise de profondes réductions du budget américain d’aide internationale. Ces coupes, selon Gates, pourraient entraîner « des millions de morts supplémentaires dans les quatre à six prochaines années ».
La fondation, qui fête cette année son 25e anniversaire, a déjà distribué 100 milliards de dollars depuis sa création en 2000, soutenant notamment Gavi, l’Alliance pour les vaccins, et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Son budget annuel atteindra 9 milliards de dollars en 2026. Gates prévoit d’y consacrer 99 % de sa fortune personnelle, actuellement estimée à environ 108 milliards de dollars.
Dans un billet publié sur son site web, il a écrit : « On dira beaucoup de choses sur moi après ma mort, mais je suis déterminé à faire en sorte que ‘il est mort riche’ n’en fasse pas partie. » Il a également souligné que les efforts de la fondation ne suffiront pas sans un engagement fort des gouvernements, déplorant les coupes opérées par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.
S’il salue la réponse de certains pays africains qui ont su réallouer leur budget, Gates avertit qu’une maladie comme la polio ne pourra pas être éradiquée sans le soutien américain. Malgré les critiques sur l’influence de sa fondation, notamment à l’Organisation mondiale de la santé, il continue de plaider pour une philanthropie ambitieuse. « C’est un moyen profondément puissant de rendre à la société », a-t-il déclaré, appelant les autres milliardaires à suivre son exemple.