Mexique : cinq musiciens du groupe Fugitivo assassinés dans le Tamaulipas
 Mexique : cinq musiciens du groupe Fugitivo assassinés dans le Tamaulipas

Le groupe de musique régionale Fugitivo a été la cible d’un acte de violence tragique dans l’État du Tamaulipas, au nord-est du Mexique. Les cinq membres du groupe, portés disparus depuis plusieurs jours, ont été retrouvés morts. Les autorités locales soupçonnent un cartel de narcotrafiquants d’être à l’origine de cet assassinat collectif, qui vient une nouvelle fois illustrer les liens étroits entre musique populaire et violence organisée dans certaines régions du pays.

Un guet-apens mortel en plein cœur de Reynosa

Les musiciens avaient été engagés pour se produire dans un établissement de la ville de Reynosa, près de la frontière avec les États-Unis. Mais selon leurs proches, le groupe aurait été attiré dans un piège : à leur arrivée sur les lieux du prétendu concert, ils auraient découvert un terrain vague à la place de la salle promise. Peu après, toute trace d’eux a disparu. Des appels de chantage ont été reçus par les familles, accompagnés de demandes d’argent et du vol de véhicules appartenant aux artistes.

L’enquête ouverte par le parquet de l’État a mené à la découverte de cinq corps sans vie dans une zone isolée. Neuf individus ont été interpellés. Les soupçons se tournent vers le Cartel du Golfe, très actif dans la région, et impliqué dans de nombreux faits de violence à Reynosa. Les autorités tentent désormais d’établir les circonstances exactes du crime.

Musique régionale et violence organisée

Fugitivo interprétait des Norteñas, genre musical emblématique du nord du Mexique, souvent joué lors de fêtes et d’événements locaux. Mais cette musique peut aussi exposer ses interprètes à des menaces, notamment lorsque les groupes refusent de composer ou de chanter des morceaux à la gloire des chefs de cartels, appelés narco-corridos. Ces chansons, qui exaltent la figure du trafiquant, sont interdites dans plusieurs villes mexicaines en raison de leur influence controversée.

Ce drame intervient alors que le gouvernement cherche à promouvoir d’autres récits culturels. La présidente Claudia Sheinbaum a récemment lancé un concours musical visant à encourager les jeunes artistes à produire des textes axés sur la paix, l’amour ou les enjeux sociaux, loin de toute glorification de la violence. Une réponse culturelle à un phénomène qui continue de faire des victimes, jusque parmi ceux dont le métier est de faire danser les foules.

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