Le chanteur emblématique des années 60, connu pour ses duos avec Sylvie Vartan et ses reprises de rock américain, est mort le 3 juin à Neuilly-sur-Seine. Il avait ensuite troqué la scène pour une longue carrière de chirurgien-dentiste.
Une voix du yéyé marquée par l’Amérique
Frankie Jordan, de son vrai nom Claude Benzaquen, s’est imposé comme l’une des figures marquantes de la scène musicale française au tournant des années 60. Né en 1938 à Oran, en Algérie, et élevé à Casablanca, il s’éveille très tôt aux sons venus des États-Unis, du jazz au blues en passant par le rock’n’roll d’Elvis Presley. Adoptant un pseudonyme à consonance américaine, il fait partie de cette génération d’artistes français qui popularisent les hits d’outre-Atlantique.
En 1961, il enregistre deux duos avec Sylvie Vartan, alors débutante, J’aime ta façon de faire ça et Panne d’essence. Le succès est immédiat et propulse la jeune chanteuse, tout en consolidant sa propre notoriété. Il signe aussi plusieurs adaptations remarquées de standards américains, dont Tu parles trop, reprise de You Talk Too Much de Joe Jones, ou encore des titres inspirés de Ray Charles et Fats Domino.
Parmi les moments phares de sa courte carrière musicale, sa participation à la « Nuit de la Nation » en juin 1963 reste un souvenir fort : quelque 150 000 spectateurs s’étaient alors rassemblés place de la Nation à Paris pour assister à un grand concert dominé par Johnny Hallyday.
Une reconversion rare dans le show-business
Mais Frankie Jordan choisit de ne pas poursuivre la voie de la célébrité. Dès la deuxième moitié des années 60, il se retire de la scène pour embrasser sa vocation initiale : la médecine dentaire. Il exerce la profession de chirurgien-dentiste pendant un demi-siècle, notamment auprès de nombreuses personnalités.
Il reste pourtant dans la mémoire collective comme une figure centrale du mouvement yéyé, immortalisée sur la célèbre « photo du siècle » orchestrée par Salut les copains en 1966, aux côtés de Johnny Hallyday, Claude François, Serge Gainsbourg, Françoise Hardy, Sheila ou encore Eddy Mitchell. Selon sa famille, il est décédé le 3 juin à l’âge de 86 ans, des suites d’un cancer, « entouré des siens », comme l’a rapporté l’AFP.