Bataille judiciaire autour d’Amy Winehouse - son père attaque deux anciennes amies pour la vente de souvenirs
Bataille judiciaire autour d’Amy Winehouse - son père attaque deux anciennes amies pour la vente de souvenirs

Quatorze ans après la disparition tragique d’Amy Winehouse, son héritage est au cœur d’un conflit judiciaire aussi douloureux que spectaculaire. Mitch Winehouse, père de la chanteuse et administrateur de sa succession, a intenté une action en justice contre deux anciennes proches de sa fille : la styliste Naomi Parry et l’amie Catriona Gourlay. Il les accuse d’avoir vendu aux enchères, à leur profit, plus de 150 objets personnels de la star sans son autorisation, pour une somme totale dépassant les 700 000 livres sterling (environ 801 000 euros). Une affaire qui ravive les blessures et pose une question troublante : à qui appartiennent les souvenirs d’une icône disparue ?

La robe du dernier concert et les chaussons de danse : des reliques disputées

Parmi les biens litigieux figurent des pièces chargées d’histoire et d’émotion, dont la valeur sentimentale est inestimable. La plus symbolique : la mini-robe en soie portée par Amy Winehouse lors de son ultime concert à Belgrade, quelques jours seulement avant sa mort en juillet 2011. Vendue plus de 200 000 euros, elle incarne le tragique final de la carrière de l’artiste. S’y ajoutent une paire de bottes visible sur la pochette de son premier album Frank, adjugée environ 16 500 euros, et même des chaussons de danse photographiés avec la star, partis pour près de 3 500 euros. Pour Mitch Winehouse, ces objets font indéniablement partie du patrimoine de sa fille et n’auraient jamais dû quitter le giron familial sans son accord.

« Persuadé » de vendre pour la succession ? Les accusations de mauvaise foi

L’accusation porte sur un double chef. D’une part, le père reproche aux deux femmes d’avoir « délibérément caché » les ventes de 2021 et 2023, organisées aux États-Unis. Pire, il affirme que Naomi Parry l’aurait « persuadé » de mettre aux enchères certains biens de la succession, sans révéler qu’elle comptait elle-même en tirer profit. « Mitch Winehouse ne peut simplement pas croire que sa fille ait cédé plus de 150 biens » à ses amies, a plaidé son avocat, concédant seulement que quelques échanges ponctuels avaient pu avoir lieu en raison de leur grande proximité. Une défense qui résonne comme un déchirement : celui d’un père qui estime que l’intimité de sa fille a été monnayée.

La défense des amies : des cadeaux et la volonté présumée d’Amy

Face à ces accusations, Naomi Parry et Catriona Gourlay campent sur une position diamétralement opposée. Par la voix de leurs avocats, elles affirment que la « grande majorité » des objets leur appartenait ou leur avait été offerte par Amy Winehouse de son vivant. L’avocate de Catriona Gourlay est allée plus loin, lisant un message dans lequel son cliente affirmait « croire » qu’Amy aurait « voulu » que ces articles soient vendus. La défense a également tenté de retourner l’accusation, qualifiant l’action de Mitch Winehouse de « jalousie mesquine » et rappelant que la famille avait, selon elle, « très bien profité de l’héritage ». Un échange acerbe qui montre à quel point les relations se sont dégradées depuis la mort de la chanteuse.

Un héritage plus précieux que jamais

Au-delà du conflit financier, ce procès révèle la difficulté à gérer l’héritage complexe d’une star mondialement adulée, dont chaque relique devient un objet de culte. Mitch Winehouse, qui a toujours vigoureusement défendu la mémoire de sa fille et gère sa fondation, voit dans ces ventes une trahison et une exploitation posthume. Le jugement de la Haute Cour de justice britannique devra trancher une question épineuse : où s’arrête la propriété personnelle et où commence le patrimoine artistique ? En attendant, chaque objet vendu ravive le fantôme d’Amy Winehouse, rappelant au monde le talent fulgurant et la vie trop courte d’une artiste qui continue, malgré tout, de fasciner.

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