Treize jeunes militants identitaires, proches du groupuscule dissous Génération identitaire et actifs dans le collectif Les Natifs, comparaissent ce mercredi 4 juin devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils sont poursuivis pour injures racistes et provocation à la haine après avoir déployé, en mars 2024, une banderole visant la chanteuse Aya Nakamura, à l’approche des Jeux olympiques de Paris. Le message : « Y’a pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako », une attaque directement adressée à l’artiste franco-malienne pressentie pour la cérémonie d’ouverture.
L’ultradroite à la barre, la République sur ses gardes
Les treize prévenus – parmi lesquels un juriste, un cadre financier, la sœur d’un militant néonazi et une ancienne collaboratrice parlementaire de députés RN – devront répondre d’actes dont le caractère raciste ne fait guère de doute. C’est sur fond de théorie du « grand remplacement », rhétorique nauséabonde chère à l’extrême droite radicale, que ces militants avaient affiché leur hostilité. Certains comptent se retrancher derrière la liberté d’expression. Une stratégie classique dans les milieux identitaires, mais qui peine à masquer l’obsession maladive de ces groupuscules pour la race et la pureté culturelle.
La justice, parfois accusée de laxisme dans d’autres affaires, se montre ici ferme et vigilante, dans un contexte où la radicalité gagne à droite comme à gauche. Car si l’extrême droite affiche son racisme sans filtre, l’extrême gauche, prompte à dénoncer la haine, semble étrangement absente dès qu’il s’agit de défendre une artiste populaire accusée de représenter une culture « commerciale » ou trop « intégrée ». Un silence qui interroge.