NEW YORK — Maren Morris revient avec Dreamsicle, un quatrième album intime et libérateur qui marque un tournant majeur dans la carrière comme dans la vie personnelle de la chanteuse américaine. Après une année de bouleversements, dont son coming out bisexuel et son divorce avec le musicien Ryan Hurd, la star de la country transforme la douleur en hymnes d’acceptation et de reconstruction.
Connu pour son franc-parler en faveur des droits LGBTQ+, notamment lors d’un échange public avec l’épouse de Jason Aldean au sujet des soins pour les jeunes transgenres, Morris confie aujourd’hui que ces prises de position étaient aussi, sans qu’elle s’en rende compte, un miroir de ses propres questionnements. « J’étais dans des relations hétéros toute ma vie, et je ne savais pas comment dire à tout le monde, alors que j’étais mariée : ‘Je suis aussi attirée par les femmes’ », explique-t-elle.
Dreamsicle offre 14 titres qui s’affranchissent des frontières musicales, mêlant country, pop, rock doux et une touche de bluegrass onirique. Entourée de producteurs comme Jack Antonoff ou The Monsters & Strangerz, Morris signe elle-même tous les morceaux. Elle y dépeint les pertes, les révélations, et surtout, la résilience. « Il y a des moments où je chantais sans même m’en rendre compte, tellement j’étais absorbée par le deuil », raconte-t-elle.
Parmi les titres phares, « grand bouquet » évoque subtilement les cadeaux quotidiens que l’on oublie de voir dans la routine. « cry in the car » masque la peine sous des rythmes entraînants, tandis que « bed no breakfast » et « push me over », coécrits avec le groupe queer MUNA, abordent avec tendresse ses premiers pas dans une relation avec une femme.
Mais c’est la chanson Dreamsicle elle-même qui incarne le mieux cette nouvelle ère. Écrite seule en pleine nuit, elle marque la prise de conscience que tout ce qu’elle croyait immuable dans sa vie était en train de changer. « C’était une évidence à 3h du matin : il fallait que je transforme tout ça en quelque chose de nouveau », confie-t-elle.
En tournée mondiale dès juillet, Morris insiste sur le fait que cet album n’est pas un simple « disque de divorce », mais bien une œuvre de guérison. « Ça parle du chagrin, mais aussi des amis qui vous recollent, des moments où on apprend à se retrouver. Si je peux le faire, peut-être que quelqu’un qui écoute y trouvera la force de passer sa propre journée. »