Une fausse chanson d’Adele rend hommage à Charlie Kirk : l’IA trouble la frontière entre réel et imitation (AP)
Une fausse chanson d’Adele rend hommage à Charlie Kirk : l’IA trouble la frontière entre réel et imitation (AP)

Une vidéo YouTube prétendant faire chanter Adele en mémoire du militant d’extrême droite Charlie Kirk s’est révélée être une création d’intelligence artificielle. Ce faux hommage relance les inquiétudes sur l’usage de l’IA générative dans la musique.

Une chanson virale… totalement factice

Depuis l’assassinat de Charlie Kirk le 10 septembre dernier, plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant des hommages musicaux censément interprétés par des stars comme Adele, Ed Sheeran ou Justin Bieber. Parmi elles, une fausse ballade attribuée à la chanteuse britannique a particulièrement retenu l’attention. « Merci, Adele, c’est une chanson magnifique », peut-on lire dans les commentaires enthousiastes sous la vidéo YouTube.

Mais cette chanson n’a jamais été enregistrée par Adele. Elle a été entièrement générée par une intelligence artificielle, capable d’imiter la voix de l’artiste. Seule une mention discrète, enfouie dans la description de la vidéo, indique que les sons ont été “modifiés ou générés numériquement”. Une pratique rendue possible par des outils grand public, peu coûteux, et de plus en plus précis.

Ce phénomène inquiète les experts, à l’instar d’Alex Mahadevan, chercheur à l’institut spécialisé dans les médias Poynter, cité par l’AFP : « Ce qui rendait Internet si passionnant au départ – des créateurs authentiques qui partageaient leurs passions – est en train de disparaître. Cela laisse place à des contenus médiocres produits par des escrocs en quête de profit. » Il déplore également que les internautes deviennent « des consommateurs passifs de contenu » au lieu de citoyens numériques avertis.

Vers un encadrement plus strict des contenus vocaux synthétiques ?

Le cas de cette fausse chanson relance le débat autour de la protection des voix et des images des artistes face aux IA génératives. Début 2024, plus de 200 artistes – dont Katy Perry et Nicki Minaj – avaient déjà tiré la sonnette d’alarme dans une lettre ouverte, accusant les plateformes et développeurs d’IA de « voler la voix et l’image des professionnels » et de fragiliser l’écosystème musical. Ces artistes réclamaient un cadre juridique plus strict pour encadrer l’utilisation de leurs œuvres dans l’entraînement d’algorithmes.

Les majors du disque ont aussi réagi : la Recording Industry Association of America a engagé des poursuites contre deux générateurs de musique, dont Suno, pour violation présumée du droit d’auteur. Une bataille judiciaire qui pourrait faire jurisprudence.

La politique de YouTube exige désormais que l’usage d’IA soit signalé, mais ce type de balisage reste souvent peu visible, voire volontairement dissimulé. Dans le cas d’Adele, aucune réaction officielle n’a encore été émise, mais les experts anticipent une multiplication de ces faux contenus tant que la régulation ne sera pas renforcée.

Alors que des groupes entiers comme The Velvet Sundown, entièrement générés par IA, parviennent à se hisser sur les plateformes de streaming avec des centaines de milliers d’auditeurs, la question centrale demeure : à qui appartient une voix ? Et comment protéger les artistes d’un phénomène qui menace non seulement leur image, mais l’intégrité même de la création musicale ?

Que retenir rapidement ?

Une vidéo YouTube prétendant faire chanter Adele en mémoire du militant d’extrême droite Charlie Kirk s’est révélée être une création d’intelligence artifi

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