À seulement 12 ans, César RLM s’impose comme une figure inattendue du rap militant en France. Ce jeune Nantais transforme sa colère écologique en musique, avec des textes documentés et percutants. À travers ses morceaux, il invite à agir pour l’environnement sans culpabiliser, mais en éveillant les consciences. Son premier EP Disobey témoigne de cette démarche : un appel à la désobéissance créative face à l’inaction climatique.
Un engagement né d’une prise de conscience précoce
C’est lors du confinement de 2020, alors qu’il n’a que 7 ans, que César découvre le IPCC rap du Canadien Baba Brinkman, une chanson fondée sur les travaux du GIEC. Ce moment déclenche une prise de conscience qu’il partage avec son père, Pascal, avec qui il commence à traduire, puis écrire ses propres textes. Ensemble, ils adaptent La Quête d’Orelsan, se produisent dans la rue, puis sur des scènes ouvertes. L’aventure devient sérieuse : passage dans La France a un Incroyable Talent, concerts militants, et invitation sur Planète Rap de Skyrock en 2025, aux côtés de B.B. Jacques.
Son premier EP, Disobey, contient sept titres, tous centrés sur l’urgence climatique. Avec des morceaux comme Eco-héros, Slow Life ou Amer, César évoque les dérèglements, l’écologie au quotidien et même l’activisme – comme dans Stop A69, écrit pour dénoncer la construction d’une autoroute entre Toulouse et Castres. Le titre Amer résume son parcours évolutif : d’un enfant naïf à un rappeur éveillé, qui rêve d’un monde où « l’argent est remplacé par le bonheur ».
Militantisme quotidien et message pour toutes les générations
César ne se contente pas de rapper ses convictions : il les vit. Dans sa vie de collégien, il est écodélégué, milite pour des projets comme la fresque du climat et explique vouloir changer les choses à son échelle, comme réduire sa consommation de viande ou utiliser des toilettes sèches. Son message s’adresse à tous, des plus jeunes aux adultes : selon lui, il suffit de bien expliquer pour que chacun comprenne. Il affirme que la musique est un outil puissant pour « transformer sa colère en émotion constructive ».
Soutenu de près par ses parents, César reste un enfant protégé par le statut d’« enfant du spectacle », et conscient des critiques qu’il peut susciter. Sur Skyrock, sa prestation divise – mais il assume : « Faire réagir, c’est le but ». À l’automne, il devrait publier un nouveau titre sur l’exploitation des fonds marins norvégiens. Pour lui, « chaque voix compte » dans la lutte pour la planète, même celle d’un enfant. Ou peut-être, surtout celle d’un enfant.