L’ONU accuse Israël de commettre un crime contre l’humanité d’« extermination » à Gaza
L’ONU accuse Israël de commettre un crime contre l’humanité d’« extermination » à Gaza

VIENNE – Dans un rapport explosif rendu public mardi, des experts des Nations Unies ont accusé Israël de commettre un crime contre l’humanité d’« extermination » en tuant des civils réfugiés dans des écoles, des lieux religieux et culturels à Gaza. Ce rapport, qui sera présenté le 17 juin devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, dénonce une campagne « concertée » visant à « anéantir la vie palestinienne ».

« Nous voyons de plus en plus d’indications selon lesquelles Israël mène une campagne concertée pour anéantir la vie des Palestiniens à Gaza », a déclaré Navi Pillay, présidente de la Commission d’enquête internationale indépendante et ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Elle déplore également une atteinte profonde à l’avenir des Palestiniens : « Le ciblage par Israël de la vie éducative, culturelle et religieuse du peuple palestinien portera préjudice aux générations présentes et futures. »

Selon le rapport, plus de 90 % des établissements scolaires et universitaires de Gaza auraient été détruits, ainsi que plus de la moitié des lieux religieux et culturels. La commission affirme que les forces israéliennes ont mené des attaques intentionnelles contre des civils et des infrastructures civiles, qualifiant certains actes de « crimes de guerre », dont des homicides volontaires et des attaques contre des sites protégés.

Israël, qui s’est retiré du Conseil des droits de l’homme en février dernier, rejette catégoriquement les conclusions de la commission. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait déjà dénoncé un précédent rapport de mars qualifiant d’« actes génocidaires » la destruction systématique des établissements de santé pour femmes, parlant de conclusions « biaisées » et « antisémites ».

Le rapport de mardi élargit également son champ d’analyse à la Cisjordanie et à Jérusalem-Est, où des opérations militaires accrues, le harcèlement de personnels éducatifs et des attaques de colons ont été documentés. Il accuse en outre les autorités israéliennes de s’en prendre à leurs propres citoyens, notamment des enseignants et des étudiants exprimant leur solidarité avec Gaza, les exposant à des sanctions professionnelles, voire à des arrestations.

Le conflit en cours a débuté avec l’attaque meurtrière du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a fait 1 200 morts et conduit à l’enlèvement de 251 personnes, selon les autorités israéliennes. En réponse, Israël a lancé une offensive à grande échelle à Gaza, qui a causé la mort de plus de 54 000 Palestiniens, d’après les autorités sanitaires de l’enclave.

La commission appelle la communauté internationale à examiner ces faits à la lumière du droit international humanitaire et des droits humains, alors que les accusations portées touchent aux fondements mêmes des principes de protection des civils en temps de guerre.

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