Le Pakistan affiche son « entière solidarité » avec l’Arabie saoudite après une frappe au Yémen
Le Pakistan affiche son « entière solidarité » avec l’Arabie saoudite après une frappe au Yémen

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif s’est entretenu mercredi par téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, lui exprimant la « solidarité complète » du Pakistan à la suite de la frappe aérienne saoudienne menée cette semaine sur le port yéménite de Mukalla. Selon un communiqué officiel, les deux dirigeants ont également souligné l’importance de préserver la paix régionale par le dialogue et la diplomatie.

L’échange intervient dans un contexte de fortes tensions au Yémen, après le bombardement saoudien du port de Mukalla, dans le sud du pays. Riyad a justifié cette frappe par l’arrivée d’une cargaison d’armes en provenance des Émirats arabes unis, soupçonnée d’être destinée aux forces séparatistes du Sud, dans un pays déjà ravagé par plus d’une décennie de guerre.

Un équilibre diplomatique délicat pour Islamabad

Cette escalade place le Pakistan dans une position diplomatique sensible. Islamabad entretient en effet des relations étroites à la fois avec l’Arabie saoudite et avec les Émirats arabes unis. La veille de son échange avec le prince héritier saoudien, Shehbaz Sharif avait rencontré le président émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane lors d’une visite à Rahim Yar Khan, dans l’est du pays, dans le but affiché de contribuer à une désescalade entre Riyad et Abou Dhabi.

Les autorités pakistanaises ont rappelé que l’Arabie saoudite et le Pakistan sont liés par un accord de défense mutuelle signé en septembre, assimilant toute attaque contre l’un des deux pays à une attaque contre l’autre. Parallèlement, Islamabad dépend largement de ses partenaires du Golfe pour son approvisionnement énergétique et pour un soutien financier vital à son économie.

Dans un communiqué distinct, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a exprimé son inquiétude face à la reprise des violences au Yémen, mettant en garde contre toute action unilatérale susceptible d’aggraver le conflit. Le Pakistan a réaffirmé son soutien à la sécurité de l’Arabie saoudite, mais aussi à l’unité et à l’intégrité territoriale du Yémen.

Alors que les rivalités entre alliés traditionnels risquent d’ouvrir un nouveau front au sein même du camp opposé aux rebelles houthis, la prise de position d’Islamabad illustre la fragilité des équilibres régionaux et la difficulté, pour des acteurs clés comme le Pakistan, de préserver à la fois leurs alliances stratégiques et la stabilité du Moyen-Orient.

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