JÉRUSALEM — L’armée israélienne a lancé mardi une série de frappes aériennes contre les rebelles houthis soutenus par l’Iran au Yémen, affirmant avoir complètement mis hors service l’aéroport international de Sanaa, capitale du pays. Cette opération est survenue quelques heures avant que le président américain Donald Trump annonce que les États-Unis cesseraient leurs propres frappes contre les Houthis, affirmant que les rebelles avaient « capitulé » et promis de ne plus cibler les navires circulant en mer Rouge.
Selon l’armée israélienne, ces frappes représentaient une riposte à une attaque au missile perpétrée dimanche par les Houthis contre l’aéroport international Ben Gourion d’Israël. Il s’agissait de la deuxième attaque israélienne visant le Yémen en l’espace de deux jours. Outre l’aéroport, plusieurs centrales électriques auraient également été touchées. La télévision israélienne a diffusé des images montrant d’épais panaches de fumée noire s’élevant au-dessus de Sanaa.
Le bilan humain, selon l’agence de presse SABA contrôlée par les Houthis, fait état de trois morts et 38 blessés. L’armée israélienne avait publié un avertissement sur les réseaux sociaux peu avant les frappes, exhortant les civils à évacuer la zone.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que cette frappe devait être perçue comme un avertissement adressé à l’Iran, qu’il a qualifié de « tête de la pieuvre » responsable des attaques orchestrées contre Israël par les Houthis.
Les Houthis, qui se présentent comme membres de « l’Axe de la Résistance » dirigé par l’Iran, ont intensifié leurs attaques contre Israël depuis le début de la guerre à Gaza. Parallèlement, ils ont mené plusieurs attaques contre des navires marchands en mer Rouge, perturbant la navigation dans cette zone stratégique.
Le médiateur de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a qualifié cette escalade de « grave » dans un contexte régional déjà très tendu, et a exhorté les parties à faire preuve de retenue.
Les frappes israéliennes ont également visé lundi la province yéménite de Hodeïda, tuant au moins quatre personnes et en blessant 39 autres, selon les autorités houthis. Parmi les cibles figuraient le port stratégique de Hodeïda et une cimenterie située à proximité.
Dans un revirement, Trump a déclaré mardi que les États-Unis cesseraient leurs frappes, affirmant avoir obtenu l’engagement des Houthis d’arrêter les attaques maritimes. Un accord de cessez-le-feu a été confirmé le soir même par le ministre des Affaires étrangères d’Oman, qui a précisé qu’aucune des parties ne viserait désormais l’autre, y compris les navires américains, dans la mer Rouge ou le détroit de Bab el-Mandeb.
Cependant, dans un communiqué publié mardi, les Houthis ont précisé que leur position vis-à-vis de Gaza restait inchangée et que cet accord initial avec les États-Unis ne remettrait pas en cause leur soutien au peuple palestinien. Aucune mention directe n’a été faite concernant la fin des attaques contre Israël.
Alors que la situation s’envenime, Israël a poursuivi ses opérations à Gaza mardi, tuant au moins 18 personnes, dont des enfants, lors d’un bombardement sur une école qui abritait des déplacés dans le camp de Bureij, selon un porte-parole de l’hôpital al-Aqsa.