Israël frappe l’Iran pour la deuxième nuit : escalade sans précédent et appel de Trump à un accord
Israël frappe l’Iran pour la deuxième nuit : escalade sans précédent et appel de Trump à un accord

Israël a lancé vendredi soir une nouvelle série de frappes contre l’Iran, pour la deuxième nuit consécutive, intensifiant une campagne militaire baptisée « Opération Lion Insurgé ». Cette escalade survient après une attaque massive la veille, qui aurait détruit le site nucléaire souterrain stratégique de Natanz et tué plusieurs hauts responsables militaires et scientifiques iraniens. En réponse, l’Iran a menacé d’ouvrir « les portes de l’enfer », tandis que Donald Trump a déclaré qu’un accord restait possible malgré l’intensité des hostilités.

Les explosions ont retenti à Téhéran, à Ispahan et à Fordow, selon les médias iraniens, tandis que des défenses aériennes ont été activées dans plusieurs régions. Israël affirme cibler les infrastructures de missiles et de drones, et entend poursuivre l’opération « aussi longtemps que nécessaire » pour éliminer une « menace existentielle », selon les mots du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le président américain Donald Trump, qui a confirmé que des pourparlers avec Téhéran restaient à l’ordre du jour, a déclaré : « J’ai essayé d’épargner à l’Iran l’humiliation et la mort. » Il a toutefois averti sur Truth Social que « l’Iran doit conclure un accord, avant qu’il ne reste plus rien ». Un conseiller israélien à la sécurité a estimé que les frappes pourraient créer les conditions nécessaires à un nouvel accord mené par les États-Unis pour mettre fin au programme nucléaire iranien.

D’après deux sources régionales, au moins 20 hauts gradés militaires iraniens auraient été tués, ainsi que six scientifiques nucléaires. Parmi eux figuraient le chef d’état-major des forces armées, Mohammad Bagheri, et le chef des Gardiens de la révolution, Hossein Salami. Le nouveau commandant, le général Pakpour, a promis des représailles imminentes dans une déclaration diffusée à la télévision d’État.

Sur le terrain, les Iraniens vivent dans un climat de panique et d’incertitude. Des habitants de Natanz et de Qom ont décrit des scènes de panique dans les rues, tandis que les images diffusées par les médias d’État montraient des immeubles détruits et des blessés. Les autorités affirment qu’environ 80 civils ont été tués et plus de 300 blessés.

Les capacités de riposte régionales de l’Iran semblent affaiblies, notamment après la chute du régime syrien de Bachar al-Assad et la neutralisation de ses alliés au Liban et à Gaza. Toutefois, un missile aurait été tiré depuis le Yémen par les Houthis, dernier groupe soutenu par l’Iran encore actif dans la région. Israël a par ailleurs nié que les drones lancés par l’Iran aient atteint son territoire.

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir en urgence à la demande de Téhéran, l’Iran a qualifié les frappes israéliennes d’« illégales » et de « lâches », promettant une réponse « décisive et proportionnée ». Sur le plan économique, les marchés pétroliers ont réagi avec inquiétude, bien qu’aucune installation n’ait été endommagée. L’OPEP, pour l’instant, ne prévoit pas de modification de l’offre.

Selon une source israélienne, des agents du Mossad auraient infiltré profondément le territoire iranien avant les attaques. Israël affirme avoir anéanti plusieurs systèmes de défense aérienne et installé une base de drones près de Téhéran. Les autorités israéliennes estiment qu’il faudra encore du temps pour évaluer les dégâts à Natanz, dont le niveau d’enrichissement d’uranium inquiétait déjà la communauté internationale.

L’Iran, qui a toujours affirmé que son programme nucléaire est à usage civil, est accusé par l’AIEA de violer le Traité de non-prolifération. Des discussions restaient en cours avec Washington pour tenter de raviver un accord abandonné par Trump en 2018. Mais après ce week-end sanglant, les chances d’un compromis semblent suspendues à une ligne de plus en plus fragile.

Partager