Un rapport de l’ONG Iran Human Rights fait état d’un bilan beaucoup plus lourd que les estimations précédentes concernant la répression des manifestations en cours en Iran. Selon ce document, au moins 3 428 manifestants auraient été tués depuis le début du mouvement de contestation fin décembre 2025, un chiffre qui dépasse largement les comptes publiés par d’autres organisations et médias, et qui n’a pas encore été confirmé de manière indépendante par des sources internationales ou officielles.
Des divergences de chiffres selon les sources
À noter que les statistiques divergent selon les sources. D’autres organisations de défense des droits humains rapportent des chiffres inférieurs mais déjà très élevés : la Human Rights Activists News Agency a indiqué que 2 571 personnes avaient été tuées, dont des manifestants, des civils non impliqués et des membres des forces gouvernementales, avec plus de 18 000 arrestations recensées.
Parallèlement, certains organes de presse internationaux évoquent des estimations encore plus hautes, allant jusqu’à 12 000 à 20 000 victimes, en se fondant sur des sources locales, des images et des témoignages circulant sur les réseaux sociaux, bien que ces chiffres soient difficiles à vérifier de manière indépendante en raison du blackout des communications imposé par les autorités iraniennes.
Les autorités iraniennes elles‑mêmes ont communiqué des bilans significativement plus bas, évoquant environ 2 000 morts, tout en imputant une partie des violences à des « opérateurs terroristes influencés de l’étranger », sans fournir de données vérifiables de manière indépendante.
Une forte répression
Pour rappel, les protestations ont débuté le 28 décembre dernier, initialement en réaction à l’effondrement de la monnaie nationale et à la dégradation du niveau de vie, avant de se transformer en un mouvement plus large de contestation politique, touchant des dizaines de villes à travers le pays. Les forces de sécurité iraniennes ont répondu par une répression violente, notamment avec l’usage d’armes létales et des restrictions sévères sur l’accès à Internet et aux communications, rendant l’évaluation précise des pertes humaines extrêmement difficile.
Des organisations de défense des droits humains et des témoins ont décrit des scènes de violence intense, des blessures par balles, ainsi que des arrestations massives. Certains hôpitaux ont rapporté un nombre important de blessés par armes à feu, notamment aux yeux, ce qui montre la brutalité de la réponse des autorités face aux manifestants.