Gaza : 36 Palestiniens tués en tentant d’accéder à de l’aide humanitaire, selon les autorités locales
Gaza : 36 Palestiniens tués en tentant d’accéder à de l’aide humanitaire, selon les autorités locales

Au moins 36 Palestiniens ont été tués et plus de 200 blessés mardi dans la bande de Gaza alors qu’ils tentaient d’obtenir de l’aide humanitaire, a indiqué le ministère palestinien de la Santé. Il s’agit d’un nouvel épisode meurtrier survenu à proximité des points de distribution de nourriture, au cœur d’une crise humanitaire aggravée par le blocus israélien et les conséquences d’une campagne militaire de 20 mois.

Depuis le début de ces distributions organisées dans des zones contrôlées militairement par Israël, 163 personnes auraient été tuées et près de 1 500 blessées, selon le ministère. Ces sites sont gérés par la Fondation humanitaire de Gaza, soutenue par Israël et les États-Unis, mais restent interdits aux médias indépendants. L’armée israélienne reconnaît avoir tiré des coups de semonce à plusieurs reprises contre des individus jugés « suspects » s’approchant de ses troupes, mais affirme qu’aucune violence n’a été constatée à l’intérieur des zones de distribution.

Les faits de mardi se sont produits avant l’ouverture officielle du site central de distribution, alors que des centaines de personnes s’étaient rassemblées dès la nuit pour espérer obtenir de la nourriture. Des témoins ont rapporté à l’Associated Press que des drones et chars israéliens avaient ouvert le feu sans distinction, blessant plusieurs personnes. « Ce qui se passe chaque jour, c’est de l’humiliation », a témoigné Abed Haniyah. « Des gens meurent juste en essayant de nourrir leurs enfants. »

À Gaza-ville, trois secouristes palestiniens ont également été tués dans une frappe aérienne alors qu’ils répondaient à une précédente attaque israélienne, selon les autorités sanitaires locales. L’armée israélienne n’a pas commenté cette frappe, mais a déclaré avoir ciblé au cours des dernières 24 heures des positions militaires du Hamas, notamment des lance-roquettes.

Le nouveau système de distribution d’aide, mis en place par Israël avec l’appui de Washington, est rejeté par les Nations unies et les grandes ONG, qui dénoncent une approche non conforme aux principes humanitaires. L’ONU affirme qu’il n’existe aucune preuve que le Hamas détourne l’aide de manière systématique et s’oppose à un dispositif imposant le déplacement de la population vers seulement trois centres encore opérationnels, tous situés dans des zones à forte présence militaire israélienne.

Parallèlement, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré mardi qu’il y avait des avancées « significatives » vers un accord de cessez-le-feu et un possible retour de certains des 55 otages encore retenus à Gaza. Il a toutefois tempéré tout optimisme en précisant qu’il était « trop tôt pour espérer ». Le conflit a été déclenché par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui avait causé la mort de 1 200 personnes en Israël. Depuis, près de 55 000 Palestiniens ont été tués, selon les autorités de Gaza, un bilan qui inclut une majorité de femmes et d’enfants.

Les destructions à Gaza sont immenses, et environ 90 % de la population a été déplacée, souvent à plusieurs reprises, au fil des combats.

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