Frappes israéliennes à Gaza : au moins 60 morts alors que la violence s’intensifie
Frappes israéliennes à Gaza : au moins 60 morts alors que la violence s’intensifie

LE CAIRE – Au moins 60 personnes ont été tuées jeudi dans la bande de Gaza lors de frappes israéliennes, selon des sources médicales palestiniennes. Cette nouvelle flambée de violence intervient alors que les efforts diplomatiques menés par les États-Unis, le Qatar et l’Égypte pour obtenir un cessez-le-feu piétinent, et que le président américain Donald Trump poursuit sa tournée au Moyen-Orient.

Les frappes ont visé des habitations et des campements de fortune à Khan Younis, dans le sud de l’enclave palestinienne, causant la mort de femmes, d’enfants et de civils déplacés. Parmi les victimes figure le journaliste Hassan Samour, affilié à la station de radio Aqsa, dirigée par le Hamas, tué aux côtés de onze membres de sa famille, selon les autorités sanitaires locales.

L’armée israélienne n’a pas immédiatement commenté ces frappes, qui s’inscrivent dans une offensive militaire de grande ampleur visant à éradiquer le Hamas, en réponse aux attaques du 7 octobre 2023 sur le territoire israélien. Celles-ci avaient coûté la vie à environ 1 200 personnes et entraîné la prise de 251 otages, selon le bilan israélien.

Les frappes de jeudi coïncidaient avec la commémoration de la « Naqba », ou catastrophe, marquant l’exode de centaines de milliers de Palestiniens lors de la guerre de 1948 ayant conduit à la création de l’État d’Israël. De nombreux Gazaouis affirment aujourd’hui vivre une tragédie encore plus profonde. « Ce que nous vivons actuellement est encore pire que la Nakba de 1948 », a confié Ahmed Hamad, un habitant de la ville de Gaza déplacé à plusieurs reprises. « La mort nous entoure partout. »

Les espoirs placés dans les négociations indirectes à Doha entre Israël et le Hamas, avec la médiation d’envoyés américains, qataris et égyptiens, restent faibles. Le Hamas s’est déclaré prêt à libérer tous les otages en échange d’un arrêt définitif de la guerre, mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu maintient que toute fin des hostilités dépend de la destruction totale des capacités militaires et gouvernementales du Hamas.

Depuis le début de l’offensive israélienne, plus de 52 900 Palestiniens ont été tués, selon les autorités locales. L’enclave est dévastée, l’économie à l’arrêt, les infrastructures en ruine, et la famine menace une part importante de la population. Aucune aide humanitaire n’a été acheminée depuis le 2 mars, et selon les agences internationales, un demi-million de personnes – soit un quart de la population – sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë.

Une organisation humanitaire soutenue par les États-Unis devrait commencer à opérer à Gaza d’ici la fin du mois, mais en attendant, les appels se multiplient pour que l’aide internationale, notamment celle de l’ONU, puisse reprendre sans délai.

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