Un juge fédéral américain a déclaré vendredi qu’il n’autoriserait pas l’administration du président Donald Trump à « terroriser » les 5 600 réfugiés installés dans le Minnesota en procédant à leur arrestation et à leur détention dans le cadre d’une nouvelle politique migratoire. Selon lui, cette mesure « transforme le rêve américain des réfugiés en un cauchemar dystopique ».
Le juge de district John Tunheim, siégeant à Minneapolis, a prononcé une injonction préliminaire prolongeant une ordonnance temporaire antérieure. Celle-ci interdisait déjà à l’administration d’arrêter ou de détenir des réfugiés au motif qu’ils n’avaient pas encore obtenu le statut de résident permanent légal, communément appelé carte verte.
L’administration avait tenté de justifier ces arrestations dans le cadre de l’« Opération PARRIS », un programme annoncé en janvier par le département américain de la Sécurité intérieure (DHS). Présentée comme « une initiative de grande envergure », l’opération vise à réexaminer des milliers de dossiers de réfugiés.
Le DHS avait précisé que l’initiative se concentrerait dans un premier temps sur environ 5 600 réfugiés du Minnesota qui n’avaient pas encore reçu leur carte verte. L’État a récemment été le théâtre d’une intensification des contrôles en matière d’immigration ainsi que d’un scandale lié à une fraude aux prestations sociales.
La décision du juge constitue un revers pour l’administration Trump et s’inscrit dans un contexte plus large de contestations judiciaires contre certaines politiques migratoires fédérales. Une nouvelle action en justice a également été engagée à Boston afin de contester cette politique à l’échelle nationale.