Un cardinal américain célèbre la messe en latin à Saint-Pierre, avec l’aval du pape Léon XIV (AP Photo/Alessandra Tarantino)
Un cardinal américain célèbre la messe en latin à Saint-Pierre, avec l’aval du pape Léon XIV (AP Photo/Alessandra Tarantino)

Scène historique ce samedi au Vatican : le cardinal américain Raymond Burke a célébré une messe traditionnelle en latin dans la basilique Saint-Pierre, avec l’autorisation explicite du pape Léon XIV. L’événement, rare et hautement symbolique, marque un possible tournant dans la politique liturgique du Saint-Siège après les fortes restrictions imposées par François en 2021.

Des milliers de fidèles, dont de nombreuses familles jeunes et des femmes voilées de dentelle, ont assisté à la liturgie de plus de deux heures et demie, rythmée par les chants grégoriens, l’encens et les gestes codifiés des prêtres tournés vers l’autel. Pour les catholiques attachés à l’ancien rite, ce moment incarne une réconciliation attendue depuis longtemps entre Rome et les traditionalistes, largement marginalisés sous le pontificat précédent.

Un geste d’ouverture du pape Léon XIV

Premier pape américain de l’histoire, Léon XIV avait promis dès son élection d’œuvrer à « l’unité et à la réconciliation » au sein de l’Église. Selon Christian Marquant, organisateur français du pèlerinage des fidèles du rite ancien, la célébration de cette messe résulte d’une demande adressée directement au nouveau pontife. « C’est un signe de dialogue et d’écoute », a estimé Rubén Peretó Rivas, organisateur argentin du rassemblement.

Sous François, la messe tridentine (autorisée plus largement par Benoît XVI en 2007) avait été drastiquement limitée, accusée de nourrir la division et le repli conservateur. Mais la décision avait au contraire accentué la fracture interne. Les documents récemment divulgués par le Vatican ont même révélé que la majorité des évêques interrogés en 2020 s’étaient dits satisfaits de la coexistence des deux rites et craignaient qu’une interdiction ne « fasse plus de mal que de bien ».

Un retour mesuré du rite ancien

Dans son homélie, le cardinal Burke n’a ni mentionné François ni Léon XIV, mais a longuement cité Benoît XVI, évoquant « la maturité de l’Église dans sa compréhension du grand don de la liturgie transmise depuis les Apôtres ». Fidèle défenseur du rite tridentin, Burke, âgé de 77 ans, est une figure respectée par les catholiques conservateurs du monde entier.

Parmi les fidèles présents figurait également Eduard Habsburg, ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège, venu avec sa famille. « Rien à voir avec les clichés : ici, ce sont des familles, des enfants, des jeunes », a-t-il confié.

Ce retour encadré de la messe en latin semble inaugurer une nouvelle ère de cohabitation liturgique. « Mon sentiment, c’est que Léon XIV fera beaucoup sans en faire trop publiquement », confie James Rodio, un fidèle américain rencontré sur place. Pour les traditionalistes, la brise d’encens qui a flotté ce samedi sous la coupole de Saint-Pierre sentait surtout la réconciliation.

Que retenir rapidement ?

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