Le principal parti d’opposition en Turquie, le CHP (Parti républicain du peuple), tient ce dimanche 6 avril un congrès extraordinaire à Ankara, dix jours après l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu. Son président, Özgür Özel, devrait y être reconduit dans ses fonctions. L’événement, voulu comme une démonstration de force, intervient dans un climat de tensions croissantes avec le pouvoir.
Vers un bras de fer avec le régime Erdogan
Accusant le président Erdogan de vouloir « décapiter » l’opposition, le CHP entend faire de ce congrès un acte de résistance. La destitution de sept maires du parti, dont celle très symbolique d’Imamoglu, a été vécue comme un « coup d’État » par ses partisans. La mobilisation populaire qui a suivi, avec des manifestations massives à Istanbul et dans d’autres villes, témoigne d’une forte indignation. Le congrès, qui se déroulera aussi en présence de milliers de sympathisants à l’extérieur de la salle, a pour revendication principale la libération d’Imamoglu, officiellement désigné comme candidat du CHP à la présidentielle.
Une opposition qui s’organise et s’affirme
Depuis l’arrestation de son principal leader municipal, le CHP a multiplié les initiatives : manifestations, appels à la grève et boycott de certaines entreprises proches du régime. Mercredi, une « journée sans achat » a été suivie dans plusieurs grandes villes. Cette stratégie d’opposition populaire, combinée à une ligne politique plus offensive, redonne un souffle nouveau au parti, qui avait remporté une large victoire aux municipales de 2024 avec 37,8 % des voix.
La situation pourrait marquer un tournant dans le rapport de force politique en Turquie. Face à la répression judiciaire et aux menaces répétées du président Erdogan, le CHP s’affirme comme une force incontournable, capable de fédérer au-delà de son électorat traditionnel. Le congrès de ce dimanche pourrait bien lancer une nouvelle phase de résistance organisée pour l’opposition turque.