Le président américain Donald Trump a exhorté vendredi les plus grandes compagnies pétrolières américaines à investir jusqu’à 100 milliards de dollars au Venezuela afin de relancer une industrie énergétique qu’il a qualifiée de « délabrée ». Cette initiative intervient quelques jours après l’arrestation de l’ancien dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro lors d’un raid mené par les forces américaines à Caracas, événement qui a profondément rebattu les cartes politiques et économiques du pays.
Réunis à la Maison Blanche, des dirigeants de groupes tels que Exxon Mobil, Chevron et ConocoPhillips ont été invités par le président à participer à la reconstruction des infrastructures pétrolières et à faire bondir la production à des niveaux « jamais atteints auparavant ». Trump a affirmé que les États-Unis décideraient quelles entreprises seraient autorisées à s’implanter et a vanté un accord prévoyant la fourniture de 50 millions de barils de brut vénézuélien aux raffineries américaines, adaptées à ce type de pétrole.
L’administration américaine a parallèlement intensifié la saisie de pétroliers vénézuéliens afin de faire respecter l’embargo, tout en indiquant vouloir contrôler durablement les ventes et les revenus pétroliers du pays. Selon des responsables, cet encadrement vise à réduire la corruption et le trafic de drogue, mais des élus démocrates dénoncent une approche assimilable à de la contrainte économique, tandis que des analystes pointent un climat politique toujours instable.
Les investisseurs restent prudents. Le PDG d’Exxon Mobil, Darren Woods, a déclaré lors de la réunion que le Venezuela demeurait « non investissable » à ce stade, rappelant que les actifs du groupe y avaient été saisis à deux reprises par le passé. Exxon et ConocoPhillips avaient quitté le pays il y a près de vingt ans après la nationalisation de leurs biens. Chevron, seule grande compagnie américaine encore présente sur place, a toutefois réaffirmé son intérêt, tout en avançant avec retenue.
Malgré ses immenses réserves — les plus importantes au monde — le Venezuela ne représente aujourd’hui qu’environ 1 % de l’offre mondiale, conséquence de décennies de sous-investissement. La production, qui atteignait jusqu’à 3,5 millions de barils par jour dans les années 1970, est désormais bien inférieure à ce niveau. Pour rassurer les entreprises, Trump a promis des garanties de sécurité physique et financière, évoquant même un possible recours à la Banque américaine d’import-export pour soutenir le financement des projets.
Le président a assuré vouloir obtenir rapidement des engagements concrets des majors, affirmant que la formule était « simple » : investir vite, récupérer les fonds au plus tôt, puis partager les bénéfices entre le Venezuela, les entreprises et les États-Unis. Reste à savoir si cette stratégie suffira à lever les réticences d’un secteur encore échaudé par l’histoire récente du pays.