Le président américain Donald Trump a exprimé des réserves quant à la capacité de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, à rassembler un soutien suffisant dans son pays pour prétendre un jour au pouvoir. Tout en le décrivant comme « très sympathique », Trump a dit ne pas savoir si Pahlavi serait accepté comme dirigeant par la population iranienne.
S’exprimant lors d’un entretien exclusif accordé à Reuters dans le Bureau ovale, le président américain a estimé qu’il existait une possibilité que le régime clérical iranien s’effondre sous la pression des manifestations en cours, mais il a refusé d’apporter un soutien clair à Pahlavi, figure monarchiste vivant en exil aux États-Unis. « Je ne sais pas si son pays accepterait son leadership, et si c’était le cas, cela me conviendrait parfaitement. Mais nous n’en sommes pas encore là », a-t-il déclaré.
Reza Pahlavi, âgé de 65 ans, vit hors d’Iran depuis avant la révolution islamique de 1979 qui a renversé son père. Il est devenu l’un des visages les plus visibles de l’opposition en exil, mais celle-ci reste profondément fragmentée, divisée entre courants idéologiques rivaux et disposant de peu de structures organisées à l’intérieur même de la République islamique.
Des analystes partagent les doutes exprimés par Trump. Sanam Vakil, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord du centre de recherche Chatham House, estime que Pahlavi a gagné en notoriété auprès de certains manifestants et contribué à leur mobilisation, mais que l’ampleur réelle de son soutien demeure difficile à évaluer. Selon elle, il est complexe de mesurer l’influence concrète de toute figure de l’opposition iranienne sur le terrain.
Trump a toutefois souligné que, selon lui, aucun régime n’est à l’abri d’un effondrement. « Qu’il tombe ou non, la période qui s’annonce sera intéressante », a-t-il déclaré, tout en se montrant prudent sur l’issue des troubles actuels en Iran.
Au cours de la même interview, le président américain a de nouveau accusé le président ukrainien Volodymyr Zelensky d’être, selon lui, le principal obstacle à un accord de paix avec la Russie, affirmant que le président russe Vladimir Poutine serait prêt à conclure un compromis. Ces déclarations s’inscrivent dans une série de prises de position tranchées de Trump sur plusieurs dossiers internationaux majeurs, à l’approche d’une année politiquement sensible pour son administration.