Les marines russe et chinoise ont mené un exercice conjoint en mer du Japon visant à localiser et détruire un sous-marin ennemi fictif, selon une déclaration du ministère russe de la Défense publiée mercredi. Cette opération militaire, organisée dans le cadre des manœuvres baptisées « Interaction maritime-2025 », intervient seulement quelques jours après que le président américain Donald Trump a annoncé avoir rapproché deux sous-marins nucléaires de la Russie en réponse à des propos jugés menaçants de la part de Moscou.
L’exercice a mobilisé des moyens considérables, notamment des avions de patrouille maritime Y-8 de l’armée chinoise et des Il-38 de la flotte russe du Pacifique, ainsi que plusieurs hélicoptères spécialisés dans la guerre anti-sous-marine. Selon le ministère russe, les forces combinées ont réussi à détecter et à « détruire » de manière simulée le sous-marin cible, soulignant une coopération opérationnelle « efficace » entre les deux puissances militaires.
Les marines des deux pays ont ensuite procédé à des échanges de remerciements formels, saluant la réussite de leur coordination. Ce type de démonstration s’inscrit dans une dynamique de renforcement stratégique entre Moscou et Pékin, dans un contexte de confrontation croissante avec les États-Unis, notamment en Asie-Pacifique.
La montée en tension a été alimentée vendredi dernier par une déclaration de Donald Trump, affirmant avoir ordonné le déploiement de deux sous-marins nucléaires à proximité de la Russie. Cette décision, selon lui, répondait à des propos « hautement provocateurs » de l’ancien président russe Dmitri Medvedev, qui avait évoqué le risque d’une guerre nucléaire entre puissances adverses.
Le Kremlin a minimisé l’importance de l’annonce américaine, soulignant que les sous-marins nucléaires américains étaient déjà en mission permanente dans le cadre de leur posture de dissuasion. Le porte-parole du Kremlin a toutefois averti que « tout le monde devrait être très, très prudent avec la rhétorique nucléaire », appelant à la responsabilité dans un climat international de plus en plus volatile.
Ces exercices navals entre la Chine et la Russie, bien que programmés, prennent une dimension stratégique nouvelle alors que les équilibres régionaux se tendent. Ils illustrent la volonté des deux pays de resserrer leurs liens militaires face à une pression occidentale grandissante, et pourraient contribuer à accentuer l’inquiétude des voisins asiatiques, notamment le Japon et la Corée du Sud, déjà alarmés par l’extension des activités navales dans la région.