Le dirigeant suprême du Vietnam, To Lam, a été reconduit à l’unanimité vendredi à la tête du Parti communiste vietnamien pour un nouveau mandat de cinq ans. Cette réélection, largement attendue, intervient à l’issue du congrès quinquennal du parti, alors que le pays cherche à accélérer sa croissance dans un contexte économique mondial incertain.
Âgé de 68 ans, To Lam a été confirmé au poste le plus puissant de cet État à parti unique par les 180 membres du nouveau comité central. S’exprimant devant les délégués réunis à Hanoï, il a promis de poursuivre et d’approfondir les réformes afin de dynamiser une économie très dépendante des exportations, tout en appelant à un système fondé sur « l’intégrité, le talent, le courage et la compétence ».
Le chef du parti a fixé un objectif ambitieux de croissance annuelle supérieure à 10 % pour l’ensemble de la décennie, une cible désormais inscrite dans une résolution officielle. Des investisseurs et analystes ont toutefois exprimé des réserves, rappelant que la Banque mondiale table plutôt sur une croissance moyenne d’environ 6,5 % à court terme, malgré les solides performances récentes de la Bourse vietnamienne.
Depuis son accession à la tête du parti à la mi-2024, To Lam a lancé des réformes radicales visant à réduire la bureaucratie et à accroître l’efficacité de l’État. Ces mesures ont soutenu la croissance, mais elles ont aussi suscité des critiques, notamment après le licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires. Conscient des tensions internes, le dirigeant s’est employé à consolider le soutien des différentes factions du parti, y compris celui de l’armée.
Face aux inquiétudes concernant un possible renforcement excessif des conglomérats privés, To Lam a récemment réaffirmé le rôle central des entreprises publiques dans l’économie vietnamienne. Une directive publiée avant le congrès a souligné l’importance stratégique de groupes d’État, dont le géant des télécommunications et de la défense Viettel, contrôlé par l’armée.
Le dirigeant vietnamien a également laissé entendre qu’il ambitionnait de briguer la présidence de l’État, un poste actuellement occupé par un général de l’armée. Une telle concentration des pouvoirs rappellerait le modèle chinois, incarné par Xi Jinping, et pourrait remettre en question la tradition vietnamienne de leadership collégial, selon plusieurs analystes.
Peu après la réélection de To Lam, le président chinois lui a adressé un message de félicitations, évoquant une « communauté de destin » entre les deux pays. Le congrès a par ailleurs renouvelé le Politburo, organe clé du pouvoir, confirmant l’ascension de figures proches du chef du parti et dessinant les contours de la future équipe dirigeante du Vietnam.