Pertes humaines et matérielles en 30 minutes de bombardement israélien sur la Syrie
Pertes humaines et matérielles en 30 minutes de bombardement israélien sur la Syrie

Au moins 9 civils ont été tués à l’aube de ce jeudi lors d’un bombardement mené par Israël dans le sud de la Syrie, après une incursion de ses forces dans la région. Cela est survenu quelques heures après des frappes ayant visé un site stratégique et deux aéroports militaires dans d’autres parties du pays.

La province de Deraa a indiqué dans un communiqué sur Telegram que « 9 civils ont été tués et d’autres blessés, selon un bilan initial, à la suite d’un bombardement de l’occupation israélienne sur la forêt du barrage d’Al-Jubayliyah, située entre la ville de Deraa et la localité de Tsil à l’ouest de Deraa ». Ce bombardement a suivi une incursion israélienne dans la région, « où les forces d’occupation ont avancé pour la première fois aussi profondément ».

Selon le correspondant d’Al Jazeera, une force israélienne s’est infiltrée dans la campagne ouest de Deraa avant de se retirer vers des positions récemment établies à l’intérieur de la Syrie. Cette incursion a coïncidé avec une intense activité des drones de reconnaissance dans le ciel de la province voisine de Quneitra et de l’ouest de Deraa.

Les autorités de la province de Deraa avaient précédemment signalé, via Telegram, que des véhicules militaires israéliens avaient pénétré dans la forêt du barrage d’Al-Jubayliyah près de la ville de Nawa, à l’ouest de Deraa. Elles ont également rapporté que l’armée israélienne avait ciblé le versant de la colline de Tal al-Jomou, près de Nawa, avec trois obus d’artillerie.

Des activistes ont fait état de violents affrontements avec les forces israéliennes infiltrées dans la région de Deraa, entraînant des pertes dans leurs rangs et les forçant à se replier, bien que l’armée israélienne n’ait pas confirmé ces informations.

Frappes intensives

Le bombardement et les affrontements à Deraa ont coïncidé avec des frappes aériennes israéliennes visant des sites stratégiques à Damas, Homs et Hama (centre du pays).

Le correspondant d’Al Jazeera, citant une source militaire, a signalé que plus de 17 frappes avaient touché l’aéroport militaire de Hama, détruisant la majorité de ses infrastructures et de son contenu.

L’agence de presse officielle syrienne (SANA) a rapporté qu’ »un raid de l’aviation de l’occupation israélienne a visé les environs du bâtiment de recherches scientifiques dans le quartier de Barzeh à Damas », en plus d’une frappe ayant touché les abords de la ville de Hama.

D’après une source militaire syrienne citée par Reuters, plus de 10 attaques sur l’aéroport de Hama ont détruit les pistes, la tour de contrôle, les entrepôts d’armes et les hangars d’avions.

« La base aérienne de Hama a été totalement détruite pour empêcher toute future utilisation. Il s’agit d’un bombardement systématique visant à anéantir les capacités militaires des principales bases aériennes du pays », a ajouté la source.

Version israélienne

De son côté, l’armée israélienne a déclaré ce jeudi avoir tué plusieurs combattants lors d’une opération nocturne dans la région de Tsil, au sud de la Syrie.

L’armée a précisé que des forces de la brigade 474 avaient mené une opération dans la région de Tsil la nuit dernière, « confisquant du matériel militaire et détruisant des infrastructures terroristes », selon ses allégations.

Elle a ajouté que les forces israéliennes avaient essuyé des tirs et y avaient répondu par des frappes terrestres et aériennes, causant la mort de « plusieurs combattants ».

L’armée israélienne a confirmé, mercredi soir, avoir mené des frappes à Damas, Hama et Homs.

Dans un communiqué, elle a indiqué avoir « frappé ces dernières heures des capacités militaires situées dans les bases de Hama et T4 (dans la région de Homs) en Syrie, ainsi que des infrastructures militaires situées dans la région de Damas », affirmant qu’elle continuerait à « éliminer toute menace contre les citoyens de l’État d’Israël ».

Depuis la chute de l’ex-président Bachar al-Assad, le 8 décembre dernier, Israël a mené des centaines de frappes sur des sites militaires de l’ancien régime en Syrie.

Condamnation syrienne

Le ministère syrien des Affaires étrangères a, pour sa part, condamné « avec la plus grande fermeté la récente vague d’agressions israéliennes contre la Syrie » dans un communiqué publié sur Telegram.

« En violation flagrante du droit international et de la souveraineté de la République arabe syrienne, les forces israéliennes ont mené des frappes aériennes sur cinq régions différentes du pays en l’espace de 30 minutes, entraînant la destruction quasi totale de l’aéroport militaire de Hama et la blessure de dizaines de civils et de militaires », a ajouté le ministère.

« La Syrie considère cette escalade injustifiée comme une tentative délibérée de déstabiliser le pays et de prolonger la souffrance de son peuple », a-t-il poursuivi.

Le ministère a également dénoncé « cette agression et cette violation flagrante du droit international » et a appelé « la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu’il cesse ses agressions et respecte le droit international ».

Après la chute d’Assad, l’armée israélienne s’est infiltrée dans la zone démilitarisée du Golan, située en bordure de la partie du plateau syrien occupée par Israël. Elle a ensuite pris le contrôle de cette zone et étendu sa présence au-delà.

En février dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exigé que le sud de la Syrie soit entièrement démilitarisé, avertissant que son gouvernement n’accepterait pas la présence des forces de sécurité affiliées aux nouvelles autorités syriennes près de ses frontières.

Depuis des années, Israël mène des frappes aériennes en Syrie, sous le régime de l’ancien président Bachar al-Assad, ciblant ce qu’il décrit comme des installations militaires liées à l’Iran et des transferts d’armes de Téhéran au Hezbollah libanais.

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