Une nouvelle fusillade impliquant un agent fédéral de l’immigration a plongé Minneapolis dans le chaos, ravivant les tensions autour du déploiement massif d’agents chargés de l’application de la politique migratoire du président Donald Trump. Selon les autorités américaines, un ressortissant vénézuélien a été blessé par balle à la jambe après avoir tenté de fuir un contrôle ciblé mené par des agents fédéraux.
Le département américain de la Sécurité intérieure, le Department of Homeland Security (DHS), affirme que la situation a dégénéré lorsqu’un agent poursuivant l’homme a été attaqué avec une pelle à neige et un manche à balai par deux personnes intervenues depuis un immeuble voisin. L’agent aurait alors ouvert le feu, estimant sa vie en danger. Le suspect blessé et l’agent ont été hospitalisés, tandis que deux autres personnes ont été arrêtées.
Dans la foulée de la fusillade, des affrontements ont éclaté tard dans la nuit entre manifestants et forces de l’ordre. Des projectiles, des feux d’artifice et de la glace ont été lancés contre la police, qui a riposté avec des gaz lacrymogènes. Le chef de la police de Minneapolis a appelé au calme, tandis que le maire Jacob Frey a exhorté les habitants à éviter toute escalade.
Cet épisode intervient une semaine seulement après la mort par balles de Renee Good, une citoyenne américaine tuée lors d’une altercation avec des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Sa mort a profondément choqué la ville et alimenté les critiques contre la présence d’agents fédéraux lourdement armés, souvent accusés par des habitants et des militants de mener des interpellations agressives, parfois sans mandat apparent.
L’administration Trump, loin d’annoncer un retrait, a indiqué vouloir renforcer encore le dispositif fédéral à Minneapolis, portant à plusieurs milliers le nombre d’agents déployés. Le DHS rejette les accusations de profilage racial et affirme que ses agents font face à une hostilité croissante lors des opérations visant des personnes en situation irrégulière.
Les autorités locales et certains élus démocrates dénoncent une stratégie qui, selon eux, attise la peur et la colère dans des quartiers déjà sous tension. Le gouverneur du Minnesota a encouragé les citoyens à documenter les interventions fédérales, dans l’objectif de conserver des preuves en vue d’éventuelles actions judiciaires futures.
Alors que Minneapolis reste sous haute surveillance, cette nouvelle fusillade souligne la profonde fracture politique et sociale provoquée par la politique migratoire américaine, dans une ville devenue l’un des principaux foyers de contestation contre les opérations fédérales d’immigration.