« Nous ne pouvons pas ignorer la Chine », affirme Keir Starmer après les critiques de Donald Trump (AP)
« Nous ne pouvons pas ignorer la Chine », affirme Keir Starmer après les critiques de Donald Trump (AP)

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a défendu vendredi la nécessité pour le Royaume-Uni de maintenir et de renforcer ses relations avec la Chine, rejetant les mises en garde du président américain Donald Trump, qui a qualifié de « dangereux » le rapprochement commercial avec Pékin.

En déplacement en Chine, Keir Starmer a estimé qu’il serait « insensé » pour Londres de se détourner de la deuxième économie mondiale. « Que le Royaume-Uni soit le seul pays à refuser de s’engager ne serait pas dans notre intérêt national », a-t-il déclaré, soulignant que d’autres dirigeants européens, dont le président français et le chancelier allemand, ont eux aussi multiplié les échanges avec Pékin.

La visite de Starmer intervient dans un contexte de tensions diplomatiques liées à l’imprévisibilité de la politique américaine. Donald Trump a récemment critiqué les pays occidentaux cherchant à approfondir leurs liens économiques avec la Chine et a menacé certains alliés de mesures commerciales punitives. Interrogé sur le rapprochement sino-britannique, il a déclaré que cela représentait « un grand danger », sans fournir davantage de précisions.

Les entretiens entre Keir Starmer et le président chinois Xi Jinping ont duré près de trois heures et ont abouti à plusieurs annonces concrètes. Pékin a accepté de réduire les droits de douane sur le whisky britannique, d’assouplir certaines règles de visa et d’améliorer l’accès au marché chinois pour les services professionnels britanniques.

Sur le plan des investissements, le mouvement a surtout été favorable à la Chine. Le groupe pharmaceutique AstraZeneca a annoncé un investissement de 15 milliards de dollars en Chine, tandis que des projets d’investissements chinois plus modestes au Royaume-Uni ont également été évoqués, notamment dans l’industrie automobile et la recherche.

Keir Starmer a assuré que Washington avait été informé de sa visite et a rappelé que les relations entre Londres et les États-Unis restaient « très étroites ». Il a de nouveau affirmé que le Royaume-Uni n’avait pas à choisir entre les États-Unis et la Chine, mettant en avant les investissements américains récemment annoncés en Grande-Bretagne.

Plus disposé ces dernières semaines à contester publiquement Donald Trump, le Premier ministre britannique a déjà critiqué certaines déclarations du président américain sur l’OTAN et rejeté ses revendications sur le Groenland. Cette fermeté contraste avec sa prudence initiale et reflète la volonté du gouvernement travailliste de défendre une politique étrangère et commerciale qu’il juge conforme aux intérêts économiques du pays.

Partager