Missiles balistiques iraniens - un arsenal stratégique au cœur des tensions régionales (AP)
Missiles balistiques iraniens - un arsenal stratégique au cœur des tensions régionales (AP)

L’Iran dispose de l’un des programmes de missiles balistiques les plus importants et les plus sophistiqués du Moyen-Orient, un atout militaire que Téhéran considère comme non négociable. Alors que le pays doit reprendre vendredi à Oman des discussions nucléaires avec les États-Unis, les autorités iraniennes ont une nouvelle fois rappelé que leurs capacités balistiques constituent une « ligne rouge » dans toute négociation.

Au fil des années, l’Iran a développé une large gamme de missiles sol-sol, avec des portées allant de quelques centaines à environ 2 000 kilomètres, ce qui lui permet de frapper des cibles dans une grande partie de la région. En mai 2023, Téhéran avait notamment dévoilé un missile balistique baptisé Khaibar, présenté comme capable d’atteindre des objectifs éloignés tout en échappant aux systèmes de défense antimissile.

La démonstration la plus récente de ces capacités a eu lieu lors de la guerre de 12 jours menée en juin 2025 contre Israël. Durant ce conflit, l’Iran a lancé des salves de missiles balistiques vers le territoire israélien, provoquant la mort de dizaines de personnes et la destruction de nombreux bâtiments résidentiels dans le centre et le nord du pays, selon les autorités israéliennes.

Pour Téhéran, ce programme est présenté comme un élément central de sa stratégie de dissuasion, destiné à compenser les faiblesses de son aviation et à décourager toute attaque extérieure. Les responsables iraniens affirment que ces missiles sont purement défensifs et ne violent aucun accord international, contrairement au programme nucléaire, régulièrement au cœur des tensions avec l’Occident.

Les États-Unis et leurs alliés régionaux voient toutefois ces capacités comme un facteur majeur d’instabilité. À l’approche de la reprise des pourparlers nucléaires avec Washington, le programme balistique iranien demeure ainsi l’un des dossiers les plus sensibles, illustrant la profondeur des divergences entre l’Iran et ses adversaires sur les équilibres de sécurité au Moyen-Orient.

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