Le gouvernement britannique a annoncé vendredi qu’il ferait appel d’une décision de la Haute Cour obligeant à expulser des demandeurs d’asile logés dans un hôtel d’Epping, au nord de Londres, devenu l’épicentre de manifestations anti-immigration.
Le ministre de la Sécurité, Dan Jarvis, a confirmé que l’exécutif travailliste du Premier ministre Keir Starmer contestera l’injonction temporaire prononcée mardi. Cette décision avait été obtenue par le conseil municipal d’Epping, qui demandait le départ des migrants du Bell Hotel.
Depuis plusieurs semaines, l’établissement est le théâtre de tensions et de rassemblements opposant manifestants anti-immigration et contre-manifestants. La situation s’est envenimée après l’inculpation d’un demandeur d’asile éthiopien résidant à l’hôtel pour agression sexuelle, des faits qu’il nie.
Le gouvernement Starmer a promis de mettre fin progressivement à la pratique jugée coûteuse consistant à héberger dans des hôtels les milliers de demandeurs d’asile arrivant par petits bateaux. Mais la justice a rappelé que l’État reste tenu de fournir un hébergement d’urgence aux personnes en attente de traitement de leur dossier.
L’action judiciaire du conseil d’Epping a déjà incité d’autres autorités locales à envisager des démarches similaires, accentuant la pression sur le gouvernement. Celui-ci doit désormais concilier sa volonté de réduire les coûts et les tensions politiques avec son obligation légale de garantir un toit aux demandeurs d’asile.
Ce bras de fer illustre l’ampleur des difficultés auxquelles est confrontée la nouvelle équipe travailliste sur le dossier migratoire, à la fois brûlant sur le plan humanitaire et hautement inflammable sur le plan politique.