L’Iran menace Washington alors que des navires de guerre américains se rapprochent du Moyen-Orient
L’Iran menace Washington alors que des navires de guerre américains se rapprochent du Moyen-Orient

Le commandant des Gardiens de la révolution iraniens a mis en garde les États-Unis et Israël, affirmant que ses forces étaient « plus prêtes que jamais, le doigt sur la détente », alors que des navires de guerre américains se dirigent vers le Moyen-Orient.

Selon Nournews, un média proche du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, le général Mohammad Pakpour a averti Washington et Tel-Aviv d’« éviter toute erreur de calcul ». Il a déclaré que le Corps des gardiens de la révolution islamique était prêt à exécuter les ordres du commandant en chef « à tout moment ».

Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions entre Téhéran et Washington, après une répression sanglante de manifestations à l’échelle nationale en Iran. Ces protestations, déclenchées fin décembre par l’effondrement de la monnaie nationale, le rial, auraient fait plusieurs milliers de morts selon des organisations de défense des droits humains. Le nombre d’arrestations dépasserait désormais les 40 000, faisant craindre l’application de la peine de mort à certains manifestants.

Le président américain Donald Trump a multiplié les avertissements à l’égard de l’Iran, évoquant deux lignes rouges : la poursuite des violences contre des manifestants pacifiques et l’exécution massive de personnes arrêtées. Il a affirmé que Téhéran aurait suspendu des exécutions prévues, une information démentie par le procureur général iranien.

Jeudi, Trump a indiqué que les États-Unis avaient déplacé des navires de guerre vers la région « au cas où » une action militaire serait décidée. Un responsable de la marine américaine a confirmé que le porte-avions USS Abraham Lincoln et son groupe d’escorte se trouvaient dans l’océan Indien. Le président américain a également évoqué de précédentes discussions sur le programme nucléaire iranien et menacé Téhéran de frappes militaires « bien plus sévères » que celles menées par le passé contre des sites d’enrichissement d’uranium.

La montée des tensions a commencé à affecter le trafic aérien. Plusieurs compagnies européennes, dont Air France, KLM et Luxair, ont suspendu ou reporté des vols vers la région, invoquant des préoccupations liées à la sécurité de l’espace aérien.

Sur le plan intérieur, les chiffres des victimes restent contestés. Une organisation basée aux États-Unis avance un bilan dépassant les 5 000 morts, tandis que les autorités iraniennes reconnaissent un nombre inférieur, qualifiant une partie des victimes de « terroristes ». Des responsables judiciaires iraniens ont par ailleurs employé le terme de « mohareb » « ennemi de Dieu » pour désigner certains détenus, une qualification passible de la peine capitale.

Lors d’une session spéciale du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le Haut-Commissaire Volker Türk a exprimé sa préoccupation face aux déclarations contradictoires des autorités iraniennes sur le sort des personnes arrêtées, rappelant que l’Iran figure parmi les pays ayant le plus recours à la peine de mort dans le monde.

Partager