Le Parlement vietnamien a annoncé mercredi l’abolition de la peine de mort pour huit infractions pénales à compter du 1er juillet, une décision qui aura pour conséquence immédiate de commuer la peine de Truong My Lan, magnat de l’immobilier condamnée pour une fraude financière colossale. Cette réforme marque une évolution notable dans un pays où la peine capitale reste pourtant encore appliquée pour plusieurs crimes graves.
L’Assemblée nationale a ratifié à l’unanimité un amendement au Code pénal supprimant la peine capitale pour des crimes tels que le détournement de fonds, les actes visant à renverser le gouvernement, l’espionnage, le trafic de drogue, ou encore la fabrication de faux médicaments. La sanction maximale pour ces infractions sera désormais la réclusion à perpétuité. Les condamnés à mort pour ces crimes, mais dont la sentence n’a pas encore été exécutée, verront leur peine automatiquement convertie.
Cette mesure concerne directement Truong My Lan, présidente du conglomérat immobilier Van Thinh Phat Holdings Group, condamnée à mort l’an dernier pour avoir détourné l’équivalent de 12 milliards de dollars — une affaire décrite comme la plus grande fraude financière de l’histoire du Vietnam. Selon l’avocat Ngo Anh Tuan, qui n’est pas membre de la défense de Lan, sa peine sera commuée de manière automatique.
La décision intervient alors que le président chinois Xi Jinping est en visite à Hanoï, un contexte diplomatique qui souligne la volonté du Vietnam de renforcer sa stature sur la scène internationale, notamment en affichant une forme d’évolution juridique. Toutefois, le pays conserve la peine de mort pour dix autres crimes, parmi lesquels le meurtre, la trahison, le terrorisme ou encore les agressions sexuelles sur mineurs.
Le Vietnam reste l’un des pays asiatiques les plus discrets sur l’application de la peine capitale. Le nombre exact de personnes actuellement dans le couloir de la mort demeure inconnu, les données étant classées secret d’État. Depuis 2011, l’injection létale est la seule méthode d’exécution autorisée, remplaçant les anciens pelotons d’exécution.
Cette réforme, tout en épargnant des vies, intervient dans un contexte de lutte anticorruption intensifiée par les autorités vietnamiennes, qui multiplient les procès retentissants visant les élites économiques.