La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a annoncé une proposition de réforme de la loi sur les hydrocarbures, visant à faciliter l’accès des investisseurs étrangers à l’industrie pétrolière du pays. Cette initiative intervient alors que Washington et des acteurs privés américains poussent pour une ouverture accrue d’un secteur clé, longtemps contraint par un cadre juridique restrictif.
Selon Delcy Rodriguez, la réforme doit permettre d’orienter les flux d’investissement vers de nouveaux segments, y compris des zones dépourvues d’infrastructures, afin de relancer une production pétrolière affaiblie malgré l’importance des réserves nationales. Les revenus générés, a-t-elle assuré, seraient destinés aux travailleurs et au financement des services publics.
Jusqu’à présent, la législation imposait que la compagnie publique PDVSA demeure actionnaire majoritaire de tout projet mené avec des partenaires étrangers. La présidente par intérim n’a pas précisé les modalités exactes de la réforme, mais des investisseurs réclament une plus grande flexibilité pour engager des capitaux et moderniser les installations.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte politique et diplomatique inédit. Les États-Unis, sous l’impulsion du président Donald Trump, ont récemment renforcé leur contrôle sur les revenus pétroliers vénézuéliens issus d’accords commerciaux, ceux-ci étant placés sur des comptes sous supervision américaine. Washington affirme avoir déjà perçu environ 500 millions de dollars via ces ventes.
Delcy Rodriguez a également plaidé pour une approche diplomatique avec les États-Unis, marquant un ton plus conciliant que par le passé. Elle a évoqué la nécessité de « forger une nouvelle politique » pour 2026, tout en rendant hommage à des figures historiques du pouvoir vénézuélien, signe d’une volonté de continuité institutionnelle malgré la transition en cours.
La réforme proposée est observée de près par les marchés énergétiques et par les membres de l’OPEP, dont le Venezuela fait partie. Si elle aboutit, elle pourrait modifier en profondeur l’équilibre du secteur pétrolier national et redéfinir les relations économiques entre Caracas et ses partenaires internationaux, dans un pays encore marqué par l’instabilité politique et les débats sur l’organisation d’élections futures.