LONDRES, 3 août – Le gouvernement britannique a annoncé un projet de loi visant à punir de cinq ans de prison les passeurs qui utilisent les réseaux sociaux pour faire la publicité de leurs services auprès des migrants tentant de rejoindre illégalement le Royaume-Uni, dans le but de freiner les traversées clandestines de la Manche.
Cette mesure s’inscrit dans une série d’initiatives du gouvernement travailliste de Keir Starmer, sous pression croissante de l’opinion publique et de l’opposition, alors que plus de 25 000 personnes ont déjà effectué la traversée depuis les côtes françaises cette année à bord de petites embarcations.
Une analyse du ministère de l’Intérieur britannique révèle qu’environ 80 % des migrants ayant effectué la traversée ont eu recours à des plateformes sociales pour trouver ou entrer en contact avec des passeurs. Le gouvernement estime que ces réseaux jouent un rôle central dans la logistique des passages illégaux, facilitant l’organisation et la communication pour ces filières criminelles.
Le nouveau délit, qui viendra s’ajouter à une législation déjà en cours d’examen au Parlement, permettra de sanctionner spécifiquement les individus qui publient en ligne des offres de services visant à enfreindre les lois sur l’immigration. Les peines encourues pourront aller jusqu’à cinq ans de prison, assorties d’amendes.
Faciliter l’immigration illégale au Royaume-Uni constitue déjà une infraction, mais le gouvernement souhaite ainsi donner un outil supplémentaire aux forces de l’ordre pour perturber les réseaux de passeurs. Ces nouvelles dispositions visent notamment à agir en amont, en supprimant la visibilité et les outils de recrutement utilisés par les trafiquants.
Le mois dernier, Londres avait également instauré un nouveau régime de sanctions ciblant les individus et entités impliqués dans l’organisation de la migration irrégulière. Celui-ci permet de geler leurs avoirs, d’imposer des interdictions de voyager et de bloquer leur accès au système financier britannique.