Le militant d’extrême droite Tommy Robinson sera libéré de prison la semaine prochaine après réduction de peine
Le militant d’extrême droite Tommy Robinson sera libéré de prison la semaine prochaine après réduction de peine

LONDRES – Stephen Yaxley-Lennon, plus connu sous le nom de Tommy Robinson, figure emblématique de l’extrême droite britannique et militant anti-islam, sera libéré de prison dès le 26 mai après que la justice britannique a réduit sa peine de 18 mois pour outrage à magistrat, a annoncé la Haute Cour mardi.

Robinson avait été incarcéré en octobre dernier pour avoir enfreint une injonction judiciaire qui lui interdisait de réitérer des allégations mensongères à l’encontre d’un réfugié syrien, victime d’une campagne de diffamation orchestrée par le militant. Ce réfugié avait remporté une action en justice pour diffamation contre lui. Malgré la décision judiciaire, Robinson avait continué à relayer ses accusations, notamment à travers des interviews diffusées en ligne et un documentaire intitulé Silenced, vu par des millions de personnes et projeté à Trafalgar Square à Londres.

Le juge Jeremy Johnson a estimé que Robinson avait désormais « purgé » son outrage, après que son avocat, Alex Di Francesco, a assuré que le documentaire avait été supprimé des plateformes contrôlées par son client, et que des démarches étaient en cours pour retirer les interviews litigieuses ailleurs en ligne. Cette collaboration partielle a conduit la justice à accorder une réduction de peine de quatre mois, anticipant ainsi sa libération de deux mois.

Robinson, figure controversée soutenue publiquement par le milliardaire Elon Musk, a déjà été au cœur de nombreuses polémiques pour ses propos incendiaires contre l’islam et les immigrés. Il est également accusé par certains responsables politiques et médias britanniques d’avoir contribué à attiser les tensions communautaires qui ont précédé les émeutes de l’été 2024 en Grande-Bretagne, à la suite du meurtre de trois jeunes filles lors d’un atelier de danse à Southport.

Le procureur général avait engagé une procédure contre lui pour avoir bafoué l’autorité de la justice, soulignant la gravité de ses actes dans un climat de forte polarisation sociale. La diffusion de contenus interdits, notamment via des réseaux sociaux, reste au centre des préoccupations judiciaires autour de la figure de Robinson.

Sa libération imminente suscite déjà de vifs débats, entre partisans de la liberté d’expression et défenseurs de l’ordre public inquiets d’un regain de tensions dans un contexte politique tendu au Royaume-Uni.

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