Un méthanier qatari a failli exploser et un pétrolier saoudien a été endommagé mardi près du détroit d’Ormuz, après des attaques visant des navires commerciaux, selon les autorités maritimes. Ces incidents ravivent les inquiétudes sur la sécurité de cette voie stratégique, par laquelle transite une part essentielle des exportations mondiales de pétrole et de gaz.
Selon les autorités américaines et qataries, l’Iran est à l’origine des attaques menées dans la nuit. Les événements surviennent alors que Washington et Téhéran avaient conclu un accord permettant la réouverture du détroit après trois mois de conflit ayant fortement perturbé le marché mondial de l’énergie. Malgré la reprise du trafic la semaine dernière, le volume des passages reste largement inférieur à son niveau d’avant-guerre.
À la suite de ces attaques, le Joint Maritime Information Center (JMIC), dirigé par la marine américaine, a relevé le niveau de menace pour les navires transitant par le détroit d’Ormuz de « substantiel » à « grave », son niveau d’alerte le plus élevé depuis le 15 juin. Le centre a évoqué une probable action hostile délibérée et appelé les équipages à faire preuve d’une vigilance extrême.
Le JMIC a également averti que les marins devaient s’attendre à une présence militaire accrue dans la zone, à d’importants ralentissements du trafic maritime ainsi qu’à une intensification des contrôles et des appels radio émis par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien.
On ignore encore si ces nouveaux incidents entraîneront une nouvelle interruption massive de la navigation dans le détroit d’Ormuz, qui assurait, avant le conflit déclenché fin février, le transit d’environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. Les attaques ont déjà provoqué une hausse des tarifs du transport maritime et une progression d’environ 2 % des prix du pétrole.
Les tensions interviennent alors que les États-Unis et l’Iran poursuivent des négociations sur le programme nucléaire iranien et sur la sécurité du détroit d’Ormuz. Les derniers pourparlers, organisés la semaine précédente, n’ont pas permis de parvenir à un accord définitif.
Peu après les attaques, les États-Unis ont annoncé la révocation d’une licence autorisant la vente de pétrole iranien, accordée en juin dans le cadre des mesures destinées à faciliter la réouverture du détroit. Un responsable américain a qualifié les actions attribuées à l’Iran de « totalement inacceptables » et a averti qu’elles entraîneraient des conséquences.
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