Berlin a lancé mercredi une nouvelle campagne pour attirer davantage de volontaires dans la Bundeswehr, alors que le pays cherche à renforcer son armée face aux menaces russes. Le chancelier Friedrich Merz ambitionne de faire de l’Allemagne la première puissance militaire conventionnelle d’Europe, soutenue par un fonds spécial de 100 milliards d’euros adopté après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Mais avec seulement 181 000 soldats actuellement en service, l’objectif fixé à 260 000 militaires et 200 000 réservistes reste un défi colossal.
Un service volontaire sous pression
Le plan du ministre de la Défense Boris Pistorius mise sur des incitations financières, des formations attractives et une flexibilité accrue pour rallier de nouveaux volontaires, sans pour l’instant rétablir la conscription suspendue en 2011. Dès 2026, les jeunes recevront un questionnaire sur leur disponibilité, et à partir de 2027, les hommes de 18 ans passeront un examen médical obligatoire. Si les chiffres escomptés ne sont pas atteints, Merz n’exclut pas de réactiver le service militaire obligatoire.
Cette prudence divise au sein même de la coalition : certains alliés conservateurs estiment qu’une conscription immédiate est inévitable, rappelant que Vladimir Poutine pourrait menacer directement l’OTAN d’ici 2027. Markus Söder, chef du gouvernement bavarois, a jugé que les appels au volontariat ne suffiraient pas et qu’il faudra tôt ou tard passer par une obligation.
En parallèle, Berlin a inauguré une nouvelle usine d’artillerie Rheinmetall dans le nord du pays, capable de produire 350 000 obus par an, symbole d’une Europe qui tente d’accélérer son réarmement. Pistorius y a vu un signe de détermination, tandis que le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte a appelé à une mobilisation totale face aux défis posés par la Russie et la Chine.