Le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont annoncé vendredi un accord de cessez-le-feu prévoyant l’intégration progressive des forces kurdes au sein de l’État syrien. Cet arrangement vise à éviter une confrontation armée majeure dans le nord-est du pays, après les avancées rapides des forces gouvernementales ces dernières semaines.
L’accord intervient après que les troupes loyales au président syrien Ahmed al-Sharaa ont repris de vastes territoires du nord et de l’est de la Syrie, contraignant les FDS à se replier dans une enclave de plus en plus réduite. Le sort de ces forces, qui contrôlaient autrefois près d’un quart du territoire syrien, était devenu l’un des dossiers les plus sensibles depuis la chute de Bachar al-Assad il y a un peu plus d’un an.
Selon les termes annoncés, les forces positionnées sur les lignes de front dans le nord se retireront, tandis que des unités relevant du ministère syrien de l’Intérieur se déploieront dans les centres urbains de Hassaké et de Qamichli, deux villes clés jusque-là contrôlées par les FDS. Une division militaire commune doit également être créée, intégrant trois brigades issues des FDS ainsi qu’une brigade basée à Kobani, rattachée au gouvernorat d’Alep.
L’accord prévoit en outre la fusion des institutions administratives mises en place par les autorités kurdes du nord-est avec celles de l’État syrien. Un premier accord d’intégration avait été conclu en mars dernier, sans progrès significatif, ouvrant la voie à l’offensive gouvernementale de janvier. Cette fois, un haut responsable syrien a affirmé que l’accord était définitif et que sa mise en œuvre devait débuter immédiatement.
Washington a joué un rôle central dans la médiation. L’envoyé américain Tom Barrack a salué « une étape profonde et historique » vers la réconciliation nationale et la stabilité durable en Syrie. Les États-Unis étaient jusqu’à récemment les principaux alliés des FDS dans la lutte contre le groupe État islamique, mais l’équilibre s’est modifié à mesure que l’administration de Donald Trump a renforcé ses liens avec le nouveau pouvoir à Damas.
Malgré cet accord, plusieurs zones d’ombre subsistent, notamment le contrôle du dernier point de passage frontalier tenu par les FDS vers le nord de l’Irak et les modalités précises de l’intégration militaire. Dans les régions kurdes, la vigilance reste élevée, les populations redoutant de nouvelles violences après les exactions commises l’an dernier contre d’autres minorités. Les analystes estiment toutefois que cet accord pourrait marquer un tournant majeur, à condition que sa mise en œuvre ne ravive pas les tensions qu’il cherche à apaiser.