Les autorités russes ont annoncé dimanche avoir mené une attaque nocturne contre la raffinerie de pétrole de Krementchouk, dans la région centrale de Poltava, affirmant que l’installation alimentait les forces ukrainiennes engagées dans les combats dans le Donbass. Cette frappe s’inscrit dans une intensification des frappes russes contre les infrastructures ukrainiennes jugées stratégiques.
Selon le ministère russe de la Défense, l’opération a impliqué des missiles lancés depuis la mer et les airs, appuyés par des drones de frappe. Moscou affirme que l’attaque a été un succès, provoquant des perturbations significatives dans l’approvisionnement en carburant de l’armée ukrainienne. L’objectif déclaré serait de réduire la capacité logistique de Kiev dans l’est du pays, où les combats se poursuivent avec intensité.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement réagi, condamnant ce qu’il a qualifié d’attaque « ignoble » contre les infrastructures énergétiques civiles. Dans son allocution télévisée quotidienne, il a dénoncé une tentative de Moscou de « saboter les efforts internationaux de paix ». Il a aussi souligné que cette attaque intervenait peu après que les États-Unis ont demandé à l’Ukraine de ne pas cibler les installations énergétiques russes, insinuant une asymétrie dans les règles du conflit.
La raffinerie de Krementchouk est l’une des principales sources de carburant pour les forces ukrainiennes opérant dans la région orientale du pays. Sa mise hors service complique potentiellement les efforts militaires de Kiev dans le Donbass, où la Russie revendique désormais le contrôle de la majeure partie des régions de Donetsk et Louhansk.
Parallèlement à cette frappe, Moscou a affirmé avoir pris le contrôle du village de Malynivka, situé dans la région de Donetsk et désigné sous le nom d’Oulianovka en Russie. Le ministère russe de la Défense a également fait état d’une avancée en profondeur dans les lignes de défense ukrainiennes dans la région de Soumy, au nord-est de l’Ukraine, infligeant selon lui de lourdes pertes aux troupes ukrainiennes. Bien que Soumy ne fasse pas partie des territoires officiellement annexés par la Russie, Moscou a récemment évoqué l’établissement d’une « zone tampon » dans cette région frontalière.
De son côté, Kiev a assuré samedi avoir repris le village d’Andriivka dans la région de Soumy, dans le cadre d’une opération de reconquête destinée à repousser les incursions russes. Ce regain d’activité militaire souligne la volatilité du front et la difficulté d’envisager, à court terme, un retour au calme dans cette guerre qui entre dans son troisième été.