La Hongrie menace les eurodéputés pro-LGBT qui veulent défiler à la Pride "interdite" de Budapest
La Hongrie menace les eurodéputés pro-LGBT qui veulent défiler à la Pride « interdite » de Budapest

La tension monte entre Bruxelles et Budapest. Alors que plus de 35 000 personnes sont attendues ce samedi 28 juin pour célébrer les 30 ans de la Pride hongroise, le gouvernement de Viktor Orban dénonce une manifestation « illégale » et multiplie les pressions diplomatiques. Les autorités ont interdit l’événement en vertu d’une loi controversée sur la « protection des mineurs », mais le maire de la capitale refuse d’annuler.

Une Pride jugée illégale par Budapest, soutenue par l’Union européenne

La police hongroise s’appuie sur une loi votée en mars dernier, dérivée de celle de 2021 interdisant toute « promotion de l’homosexualité ou du changement de genre auprès des mineurs », pour justifier l’interdiction. Organiser ou appeler à participer à la Pride pourrait valoir un an de prison, a rappelé le ministre de la Justice Bence Tuzson dans une lettre aux ambassades européennes. Les participants s’exposeraient à des amendes de 500 euros. Mais les organisateurs maintiennent leur position : l’événement, classé comme manifestation municipale, ne nécessiterait pas d’autorisation selon eux.

L’initiative a reçu le soutien officiel de 33 pays, de dizaines d’eurodéputés, de la Commission européenne, ainsi que d’Amnesty International, qui a déposé une pétition signée par 120 000 personnes. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a elle-même demandé l’annulation de l’interdiction. Elle a assuré la communauté LGBT+ hongroise de son soutien « sans faille ».

Un bras de fer qui symbolise l’isolement croissant de la Hongrie

Depuis plusieurs années, Viktor Orban multiplie les lois ciblant les minorités sexuelles sous couvert de moralité publique et de défense de l’enfance. Ce durcissement, qualifié d’« illibéral », choque les chancelleries occidentales mais séduit une partie de l’opinion hongroise. Pour les défenseurs des droits humains, la Pride de samedi est devenue un symbole : celui de la résistance à un régime de plus en plus autoritaire, et d’une Europe tiraillée entre ses valeurs fondatrices et les dérives nationalistes de certains de ses membres.

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