Le gouvernement italien a adopté jeudi un nouveau décret sur l’ordre public accordant à la police des pouvoirs renforcés pour interpeller temporairement des fauteurs de troubles présumés avant des rassemblements de rue. Cette mesure, décidée par l’exécutif de droite dirigé par Giorgia Meloni, vise à empêcher la propagation de violences lors de manifestations à risque.
Le texte a été élaboré dans la foulée d’émeutes survenues le week-end dernier à Turin, lors d’un rassemblement organisé par des groupes d’extrême gauche. Selon le ministère de l’Intérieur, ces affrontements ont fait plus de 100 policiers blessés et conduit à l’arrestation d’une trentaine de manifestants, relançant le débat sur la capacité des forces de l’ordre à prévenir les troubles.
En vertu du nouveau décret, la police pourra détenir brièvement des individus identifiés comme susceptibles de provoquer des violences, avant même le début d’une manifestation. Le gouvernement affirme que cette disposition vise à protéger la sécurité publique et à éviter des scènes de chaos, tout en restant dans le cadre de la loi.
Les oppositions et des organisations de défense des libertés civiles ont toutefois exprimé leurs inquiétudes, estimant que ces pouvoirs pourraient restreindre le droit de manifester et ouvrir la voie à des abus. Elles redoutent notamment que la notion de « fauteur de troubles présumé » ne soit interprétée de manière trop large.
Le contexte sécuritaire est également marqué par des événements internationaux à venir, dont les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026. La présence renforcée des forces de l’ordre a été visible ces derniers jours à Milan, notamment à l’occasion de la visite attendue du vice-président américain JD Vance, illustrant la vigilance accrue des autorités.
Pour l’exécutif, ce durcissement législatif est présenté comme une réponse nécessaire à une montée des violences lors de certains rassemblements. Le débat promet toutefois de se poursuivre au Parlement et dans la société italienne, entre impératifs de sécurité et protection des libertés publiques.