L’homme d’affaires libanais Bahaa Hariri, fils de l’ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri et frère de Saad Hariri, également ex-Premier ministre, a publié un message particulièrement virulent sur les réseaux sociaux visant directement Emmanuel Macron, mettant en cause l’efficacité de l’initiative française lancée après l’explosion du Port de Beyrouth lors de la Explosion du port de Beyrouth. Plus de cinq ans après la catastrophe, il s’interroge publiquement sur les résultats concrets de cette initiative censée sauver l’État libanais.
Dans son message, Bahaa Hariri rappelle qu’à l’été 2020, Emmanuel Macron s’était rendu à Beyrouth en promettant aux Libanais une initiative politique destinée à empêcher l’effondrement du pays. Le président français avait alors affirmé que la France ne laisserait pas le Liban sombrer sous le poids de la corruption et des armes illégales, promettant réformes, transparence et reconstruction de l’État.
Mais pour Hariri, le bilan est aujourd’hui sans appel. Selon lui, les initiatives diplomatiques lancées depuis cette période n’ont pas affaibli la classe politique libanaise en place. Au contraire, elles lui auraient offert une forme de couverture politique et internationale lui permettant de prolonger son maintien au pouvoir malgré la crise économique et institutionnelle.
L’homme d’affaires accuse cette « même classe dirigeante » d’avoir conduit le Liban vers l’effondrement, d’avoir pillé l’économie nationale et vidé les institutions publiques de leur substance. Il estime également que le pays a été transformé en terrain de confrontation pour des intérêts régionaux.
Le rôle central du Hezbollah dans la crise libanaise
Bahaa Hariri va plus loin en laissant entendre que la stratégie internationale adoptée depuis 2020 a indirectement renforcé le poids du Hezbollah dans le système politique libanais. Selon lui, en cherchant à composer avec les équilibres existants, certaines initiatives diplomatiques auraient contribué à maintenir intacte une structure de pouvoir dans laquelle l’organisation chiite joue un rôle central.
Selon lui, cette élite politique n’a jamais bénéficié d’une véritable légitimité auprès du monde arabe ni d’une réelle confiance de la communauté internationale. Il affirme que le soutien de l’Iran aurait constitué la principale force permettant à ce système politique de se maintenir, entraînant le Liban dans une succession de crises et dans un isolement croissant.
Dans ce contexte, Bahaa Hariri pose une question directe à Emmanuel Macron : quel est aujourd’hui le rôle réel de la France au Liban ? Défendre l’État libanais ou protéger la classe politique qui l’a, selon lui, conduit à la ruine ?
Pour l’homme d’affaires, la stratégie adoptée depuis 2020 aurait contribué à prolonger la survie d’un système politique défaillant. Il affirme que de nombreux Libanais considèrent que les initiatives internationales ont, en pratique, permis à cette élite de conserver le contrôle de l’État malgré sa perte de crédibilité politique et morale.
Bahaa Hariri conclut en estimant que la crise libanaise dépasse désormais la simple question politique et relève d’une responsabilité historique. Selon lui, toute tentative de réhabiliter les dirigeants actuels revient à accélérer la destruction du pays. Il affirme enfin que le Liban ne peut plus être traité comme une simple carte géopolitique et que les Libanais aspirent désormais à reconstruire un État souverain, ancré dans son environnement arabe et dans la communauté internationale.